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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:date>2026-09-18T09:39:20Z</dc:date>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy, Sarah VIEL</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Wailing Whales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_35 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-9-b6a31.png?1789724428' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-35 '&gt;&lt;strong&gt;Damienne BONNAMY
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;La communication globale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_29 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-3-a58dd.png?1789730590' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;L'intelligence : est une notion qui est loin d'&#234;tre clairement d&#233;finie et partag&#233;e parmi les biologistes et les philosophes. Ainsi, pour certains, le comportement d'une plante serait proche de celui d'une machine, alors que d'autres y voient une proximit&#233; avec celui de l'animal ou m&#234;me avec des sp&#233;cificit&#233;s de l'esprit humain. &lt;br class='autobr' /&gt; La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;La nature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'intelligence : est une notion qui est loin d'&#234;tre clairement d&#233;finie et partag&#233;e parmi les biologistes et les philosophes. Ainsi, pour certains, le comportement d'une plante serait proche de celui d'une machine, alors que d'autres y voient une proximit&#233; avec celui de l'animal ou m&#234;me avec des sp&#233;cificit&#233;s de l'esprit humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_31 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-5-00c46.png?1789730590' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;L'exp&#233;rience Erasmus+&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_32 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-6-a633e.png?1789724055' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Exemple&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_34 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-8-0cbd9.png?1789730590' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_28 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-2-b45cb.png?1789730590' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Le chat&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-77d24.png?1789730590' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:date>2026-09-18T09:25:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;Cet article n'a absolument rien &#224; voir avec les Barbapapa. &lt;br class='autobr' /&gt; La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Blabla sur les Barbapapa&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article n'a absolument rien &#224; voir avec les Barbapapa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_30 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-4-ebc2a.png?1789730590' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Images et liens sur les Barbapapa</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article11</link>
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		<dc:date>2026-09-18T08:58:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;na MENY</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;D&#233;couvrez aussi : notre premier article sur les Barbapapa et notre rubrique dans son int&#233;gralit&#233; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Blabla sur les Barbapapa&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_5 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-09-18_a_10.48_44.png' width=&#034;678&#034; height=&#034;742&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;couvrez aussi : notre premier article sur les Barbapapa&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique6' class=&#034;spip_in&#034;&gt;notre rubrique dans son int&#233;gralit&#233; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH576/capture_d_e_cran_2026-09-18_a_10.54_26-0e803.png?1789723159' width='500' height='576' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-09-18_a_10.54_26.png' class=&#034;spip_in&#034; type='image/png'&gt;Cliquez ici pour voir la m&#234;me image que ci-dessus.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les papillons</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article14</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article14</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:58:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maria Abi Ghanem</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Les papillons&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;La nature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_25 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH333/istockphoto-497143451-612x612-dfdc3.jpg?1789723159' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L315xH220/papillon-gris-e81d3.jpg?1789722611' width='315' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_11 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L347xH280/lac_kaindy-7022f.webp?1789722611' width='347' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_11 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L347xH280/lac_kaindy-7022f.webp?1789722611' width='347' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_11 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article14' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L347xH280/lac_kaindy-7022f.webp?1789722611' width='347' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>


<item xml:lang="fr">
		<title>La parole est une richesse</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article18</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article18</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:58:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Warda NASRI</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Effectuer un Erasmus+ au Royaume-Uni&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;La communication globale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/jpg/waldemar-brandt-u3ptj3jafx8-unsplash.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH333/waldemar-brandt-u3ptj3jafx8-unsplash-0afd1.jpg?1789723160' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/jpg/ashni-wh9zc4727e4-unsplash.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH552/ashni-wh9zc4727e4-unsplash-14016.jpg?1789723160' width='500' height='552' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article12' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effectuer un Erasmus+ au Royaume-Uni</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article12</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article12</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:58:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marine Chesneau</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Article 6&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;L'exp&#233;rience Erasmus+&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?Article6' class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH313/erasmus_-efbf0.jpg?1789723160' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH333/uk-e5c0e.jpg?1789723160' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nouvel article N&#176; 17</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article17</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article17</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:58:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>El Kanti OUBALLA</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Des images et de liens &#224; propos de la vente des F35&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L150xH84/donald-trump-mohammed-bin-salman-20373.webp?1789722600' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/jpg/tikal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH288/tikal-93437.jpg?1789723160' width='500' height='288' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH576/capture_d_e_cran_2026-09-18_a_10.54_26-0e803.png?1789723159' width='500' height='576' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des images et des liens en Tarentaise... ou pas</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article13</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article13</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:58:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Cardot</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Effectuer un Erasmus+ au Royaume-Uni&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/jpg/tikal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH288/tikal-93437.jpg?1789723160' width='500' height='288' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH576/capture_d_e_cran_2026-09-18_a_10.54_26-0e803.png?1789723159' width='500' height='576' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article12' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Neva</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article15</link>
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		<dc:date>2026-09-18T08:58:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christelle MATHIEU</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Sib&#233;rien&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Le chat&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH359/siberien-neva-masquerade3-768x551-ba6ad.jpg?1789723160' width='500' height='359' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article9' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L210xH210/boussole-fr-logo-5eabb.png?1789722688' width='210' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Noir ou Orange ?</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article1</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:20:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margot Palmier</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Une introduction &#224; la g&#233;n&#233;tique f&#233;line &lt;br class='autobr' /&gt; La couleur des chats est d&#233;finie par de nombreux g&#232;nes, mais trouve sa source principale sur un seul g&#232;ne, le g&#232;ne Orange, se trouvant sur le chromosome sexuel X. Ce g&#232;ne poss&#232;de deux all&#232;les codominants, l'all&#232;le O, qui code pour un pelage Orange, ou l'all&#232;le o, qui code pour l'absence d'orange et donc la couleur noire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dit pr&#233;c&#233;demment, le g&#232;ne Orange se situe sur le chromosome sexuel X. Pour rappelle, les chats comme les humains ont deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;G&#233;n&#233;tique f&#233;line&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une introduction &#224; la g&#233;n&#233;tique f&#233;line&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La couleur des chats est d&#233;finie par de nombreux g&#232;nes, mais trouve sa source principale sur un seul g&#232;ne, le g&#232;ne Orange, se trouvant sur le chromosome sexuel X. Ce g&#232;ne poss&#232;de deux all&#232;les codominants, l'all&#232;le O, qui code pour un pelage Orange, ou l'all&#232;le o, qui code pour l'absence d'orange et donc la couleur noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dit pr&#233;c&#233;demment, le g&#232;ne Orange se situe sur le chromosome sexuel X. Pour rappelle, les chats comme les humains ont deux chromosome sexuels : le X et le Y. Les males sont h&#233;t&#233;rozygotes et poss&#232;dent une copie de chacun, leur paire est XY. Les femelles quant &#224; elles sont homozygotes et poss&#232;dent deux chromosomes X, leur paire est XX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les femelles peuvent poss&#233;der deux copies du g&#232;ne O, tandis que les m&#226;les ne peuvent en poss&#233;der qu'une seule. Chez un m&#226;le, s'il poss&#232;de l'all&#232;le o, le chat est noir, s'il poss&#232;de l'all&#232;le O, le chat est orange. Chez une femelle, il en va de m&#234;me pour une chatte poss&#233;dant deux all&#232;le o, qui sera noire, et deux all&#232;le O, qui sera rousse. Mais quant est-il d'une femelle poss&#233;dant deux copies diff&#233;rentes ? Les deux all&#232;les sont codominants, donc aucun ne prendra le dessus sur l'autre, et les deux seront exprim&#233;s. Ici, certaines cellules activeront une couleur noire, d'autre une couleur rousse, g&#233;n&#233;rant un chat dont certaines parties du pelage sont noires et d'autre rousses, g&#233;n&#233;ralement avec un aspect un peu m&#233;lang&#233;. Ce motif est appel&#233; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89caille_de_tortue_(robe_de_chat)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;caille de tortue&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/IMG/jpg/chat-ecaille-tortue-caractere-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/local/cache-vignettes/L500xH331/chat-ecaille-tortue-caractere-1-514f7.jpg?1789723160' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les USA acceptent de vendre 48 avion F35 a...</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article10</link>
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		<dc:date>2026-09-18T08:19:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>El Kanti OUBALLA</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin. Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion. Les USA accepte devendre 48 avion F35 &#224; l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin. Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Vente&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA accepte de&lt;a href=&#034;http://vente de F35/sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vendre 48 avion F35 &#224; l'Arabie Saoudite&lt;/a&gt; pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &lt;a href=&#034;http://sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA accepte de vendre 48 avion F35 a l'Arabie Saoudite pour un montant de 34 milliard de dollars am&#233;ricain. L'information a &#233;t&#233; confirm&#233;e par les deux parties ce matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des observateurs s'inqui&#232;tent pour un &#233;ventuel &#233;largissent de l'espace de la guerre dans l&#233; r&#233;gion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Tarentaise</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article5</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article5</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:19:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Cardot</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Oui, je sais bien... La Tarentaise n'est pas une montagne, c'est une vall&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, comme c'est une vall&#233;e, elle est entour&#233;e de montagnes ! &lt;br class='autobr' /&gt; La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Oui, je sais bien... La Tarentaise n'est pas une montagne, c'est une vall&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme c'est une vall&#233;e, elle est entour&#233;e de montagnes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le &lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;col du Petit Saint Bernard&lt;/a&gt;, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le Barbapapa&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;haute vall&#233;e de l'Is&#232;re&lt;/a&gt;, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apprendre avec Erasmus+</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article6</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article6</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:19:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marine Chesneau</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Vous vous demandez si l'exp&#233;rience Erasmus+ est faite pour vous ? La r&#233;ponse est oui ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors n'attendez plus : candidatez d&#232;s maintenant ! &lt;br class='autobr' /&gt; De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change Erasmus+ au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante. Et il est d&#233;sormais possible d'effectuer cet &#233;change (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;L'exp&#233;rience Erasmus+&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous vous demandez si l'exp&#233;rience Erasmus+ est faite pour vous ? La r&#233;ponse est oui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors n'attendez plus : candidatez d&#232;s maintenant !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change &lt;a href=&#034;https://erasmus-plus.ec.europa.eu/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Erasmus+&lt;/a&gt; au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante. Et il est d&#233;sormais possible d'effectuer cet &#233;change au &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?Article12'&gt;Royaume-Uni&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?Article12'&gt;Article 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change Erasmus+ au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change Erasmus+ au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change Erasmus+ au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change Erasmus+ au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#233;tudiants r&#233;alisent un &#233;change Erasmus+ au cours de leurs &#233;tudes. Qu'il s'agisse des d&#233;marches pour candidater, de l'apprentissage de la vie dans un pays &#233;tranger, ou de la rencontre avec d'autres cultures et syst&#232;mes d'&#233;ducation, Erasmus+ est une exp&#233;rience extr&#234;mement enrichissante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exemple aussi</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article3</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:19:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maya Baudrillart</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Exempleception
&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un exemple dans un exemple, du jamais vu. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une audace digne de Nolan ou de Michel&#034; Maisons du monde &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Chokebar de l'audace&#034; Telerama
&lt;br class='autobr' /&gt;
Exempleception
&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un exemple dans un exemple, du jamais vu. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une audace digne de Nolan ou de Michel&#034; Maisons du monde &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Chokebar de l'audace&#034; Telerama
&lt;br class='autobr' /&gt;
Exempleception
&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un exemple dans un exemple, du jamais vu. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une audace digne de Nolan ou de Michel&#034; Maisons du monde &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Chokebar de l'audace&#034; Telerama&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Exemple&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Exempleception&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un exemple dans un exemple, du jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une audace digne de Nolan ou de Michel&#034; &lt;i&gt;Maisons du monde&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chokebar de l'audace&#034; &lt;i&gt;Telerama&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Exempleception&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un exemple dans un exemple, du jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une audace digne de Nolan ou de Michel&#034; &lt;i&gt;Maisons du monde&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chokebar de l'audace&#034; &lt;i&gt;Telerama&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Exempleception&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un exemple dans un exemple, du jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une audace digne de Nolan ou de Michel&#034; &lt;i&gt;Maisons du monde&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chokebar de l'audace&#034; &lt;i&gt;Telerama&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Barbapapa</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article7</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article7</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:19:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;na MENY</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Cet article parle du Barbapapa originel : le Barbapapa rose, mais n'oublions pas tous les autres Barbapapa ! &lt;br class='autobr' /&gt; Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Blabla sur les Barbapapa&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article parle du Barbapapa originel : le Barbapapa rose, mais n'oublions pas tous les autres Barbapapa !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique. Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cliquez ici si vous souhaitez ouvrir une page qui n'a rien &#224; voir avec les Barbapapa&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article11' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Si vous cliquez ici, toutefois, vous trouverez un autre article avec de chouettes images de Barbapapa&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.Le barbapapa est une cr&#233;ature rose, qui a la capacit&#233; de changer de forme selon sa volont&#233;, ce qui peut &#234;tre bien pratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sib&#233;rien</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article9</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article9</guid>
		<dc:date>2026-09-18T08:19:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christelle MATHIEU</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Autre nom : Chat de Sib&#233;rie &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sib&#233;rien est d&#233;crit comme peu allergisant, c'est-&#224;-dire qu'il ne produit pas beaucoup une prot&#233;ine, la FELD1, dont une s&#233;quence d'acides amin&#233;s peut causer des allergies. &lt;br class='autobr' /&gt; Le chat Sib&#233;rien est un mastodonte &#224; l'expression douce qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Le chat&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Autre nom : Chat de Sib&#233;rie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sib&#233;rien est d&#233;crit comme peu allergisant, c'est-&#224;-dire qu'il ne produit pas beaucoup une prot&#233;ine, la FELD1, dont une s&#233;quence d'acides amin&#233;s peut causer des allergies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le chat Sib&#233;rien&lt;/a&gt; est un mastodonte &#224; l'expression douce qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou des enfants, pour le plus grand plaisir de la famille qui l'accueille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chat Sib&#233;rien est un mastodonte &#224; l'expression douce qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou des enfants, pour le plus grand plaisir de la famille qui l'accueille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chat Sib&#233;rien est un mastodonte &#224; l'expression &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article15' class=&#034;spip_in&#034;&gt;douce&lt;/a&gt;qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou des enfants, pour le plus grand plaisir de la famille qui l'accueille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chat Sib&#233;rien est un mastodonte &#224; l'expression douce qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou des enfants, pour le plus grand plaisir de la famille qui l'accueille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chat Sib&#233;rien est un mastodonte &#224; l'expression douce qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou des enfants, pour le plus grand plaisir de la famille qui l'accueille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chat Sib&#233;rien est un mastodonte &#224; l'expression douce qui est devenu un v&#233;ritable chat domestique malgr&#233; un pass&#233; &#034;sauvage&#034; dans le climat glacial de Sib&#233;rie. Tr&#232;s sociable, il a une incroyable facult&#233; d'adaptation et sait s'entendre aussi bien avec ses cong&#233;n&#232;res qu'avec des chiens ou des enfants, pour le plus grand plaisir de la famille qui l'accueille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le monde se parle</title>
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		<dc:date>2026-09-18T08:19:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Warda NASRI</dc:creator>







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&lt;p&gt;L&#224; o&#249; on va, on est en besoin perp&#233;tuel &#224; communiquer avec les autres de pr&#232;s ou de loin, pour faire connaissance, pour apprendre et pour s'enrichir... &lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;. Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;La communication globale&lt;/a&gt;


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Aujourd'hui &lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le monde&lt;/a&gt; est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_6/spip.php?article8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les &#234;tres humains&lt;/a&gt; s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le monde est de plus en plus proche, les &#234;tres humains s'interagissent de tous les endroits de cette grande terre. Le moyen qui peut faire rapprocher les uns des autres est s&#251;rement la langue dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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