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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_38 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-5-00c46.png?1789749091' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Rubrique de Coralie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_34 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-77d24.png?1789825057' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Rubrique de Jade&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_36 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-3-a58dd.png?1789750673' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lacitoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:date>2026-09-18T16:29:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;Lacitoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences deDroitPublic Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; deFranche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur lacitoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen,citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Rubrique de Sarah&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Lacitoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences deDroitPublic&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; deFranche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='ressource'&gt;&lt;imgge1.png ; ; ; ; ; ; ; ; ;|center&gt;&lt;/span&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur lacitoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen,citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduitecitoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignagecitoyen &#187;, on entreprend des &#171; marchescitoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marchescitoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessivecitoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lacitoyennet&#233; : civisme,civilit&#233;,solidarit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis laR&#233;volution, puisque lacitoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, ledroit devote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Led&#233;sormaissouverain s'exprime, en effet, par levote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue dudroit, lacitoyennet&#233; comprend, au-del&#224; dudroitpolitique &#8211; levote_quiest son premier sens, le civisme ou respect de laloi ; lacivilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que decivilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de lacitoyennet&#233; est lasolidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable decitoyennet&#233; : le civisme, lacivilit&#233;, lasolidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans lacit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de lacit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles decivilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion decitoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant queson sens d'origine, levote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration desdroits de l'homme de 1789 demeure la base de notredroit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; lacit&#233; et aucitoyen,passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenuscitoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualismeet de l'engagementcitoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lacit&#233; et lecitoyen.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lacit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir dupeuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de lacit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? Lacit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233;citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cettecit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pascitoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de lacit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise audroitafin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, lacit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. Lacit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que lacit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me lacit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que lacit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, moralesouveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde lacitoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de lacit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si lecitoyen a une patrie &#8211; sacit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; lafamille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233;&lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt;a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lacit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'unecit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assiedune id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre unpeuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lacit&#233;, c'est un contrat&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de lacit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle dudroitet de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien dedroit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; lacitoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit,l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement lacitoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, estcitoyen romain, c'est parce que safamille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde lasouverainet&#233; dupeuple et undroit naturel, Cic&#233;ron le dit dans&lt;i&gt;De&lt;/i&gt;&lt;i&gt;la R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a uneloi vraie, c'est ladroite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cetteloi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenuscitoyens ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par unsouverain de droitdivin, avec des sujets, &#224; lasouverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyenssouverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter laloi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cetteloi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. LaR&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, toutcomme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous lescitoyens, tous seront soldats et donc tousvoteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, lafraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc lafraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, laloi &#187; ou &#171; libert&#233;,&#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;,&#233;galit&#233;,fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;,&#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc lalibert&#233;, l'&#233;galit&#233;, lafraternit&#233;ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doubletlibert&#233;,&#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que lafraternit&#233;, &#224; la fin de laR&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, ler&#233;volutionnaireDaunouen septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, laR&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre lacitoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenircitoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;.C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock,La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de lafraternit&#233; devant unir tous lespeuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans lecadre r&#233;publicain, lacitoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement lacitoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommescitoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;mecitoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommescitoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue desdroits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne desdroits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;medroit europ&#233;en desdroits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagementcitoyen&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette&#233;galit&#233; desdroits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une&#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de lacitoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de lacit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant lasolidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec destravailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirspublics, lasolidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester uncitoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espacepublic du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si lecitoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de lacitoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble dessolidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, lacitoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espacepublic, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous lescitoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espacepublic suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cettesolidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre unpeuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de lafraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si lalibert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelledivine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233;&lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt;(Tallandier), et &#233;dit&#233; les&lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment&lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt;(1991) ;&lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt;(1999) ;&lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt;(2004) ;&lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt;(2006) ;&lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt;(2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest,&lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock,&lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais&lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt;dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, unmul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que lepublic mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Introduction&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_35 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-2-b45cb.png?1789825057' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_37 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-4-ebc2a.png?1789825057' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>spider cochon, spider cochon, il monte au mur et au plafond</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article20</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article20</guid>
		<dc:date>2026-09-18T16:05:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cyan Kerjan</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;https://www.bing.com/ck/a?!&amp;&amp;am...https://www.bing.com/videos/rivervi...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;L'ergonomie des poubelles d'aujourd'hui&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.bing.com/ck/a?!&amp;&amp;p=59c75a8f261175c38586348aa4b5a1fefcb4d99b8756ca1406cca55d1600a164JmltdHM9MTc4OTY4OTYwMA&amp;ptn=3&amp;ver=2&amp;hsh=4&amp;fclid=178c3bcb-49c6-6672-0520-2c1348e8671f&amp;u=a1L3ZpZGVvcy9yaXZlcnZpZXcvcmVsYXRlZHZpZGVvP3E9b3ZlcmNvbmZpZGVuY2UraXMrYStzbG93K2FuZCtpbnNpZGlvdXMra2lsbGVyJm1pZD05REM4RkRCMzUwRDQ2RDY5RTMyNjlEQzhGREIzNTBENDZENjlFMzI2JmNodXJsPWh0dHBzJTNhJTJmJTJmd3d3LnlvdXR1YmUuY29tJTJmY2hhbm5lbCUyZlVDTXhER1dobi1HUXVydGdOcVhzeHJaUSZGT1JNPVZJUkU&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L330xH261/a_pair_of_pigs-c7867.jpg?1789747972' width='330' height='261' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=the+loathsome+dung+eater&amp;&amp;mid=5316BCB948C0D6A992B15316BCB948C0D6A992B1&amp;churl=https%3a%2f%2fwww.tiktok.com%2f%40jaredquiring&amp;mmscn=stvo&amp;FORM=VRDGAR&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L400xH300/spider-cochon-25006-2a7e8.jpg?1789747972' width='400' height='300' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#226; &#214;d&#232;r &#196;rt&#238;keL</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article16</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Garance Guichon</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;C'est &lt;br class='autobr' /&gt;
h&#196;nD sPinN&#235;r c'est trop g&#233;nial &#8594; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8595;Check this out &#8595; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8595;&#8595;&#8595;&#8595;&#8595;&#8595;
&lt;br class='autobr' /&gt;
https://img.freepik.com/premium-pho...
&lt;br class='autobr' /&gt;
La rubrique qui va changer ta vie !!!
&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est ce qu'une poubelle ?&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;D&#228; RubriK'&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L150xH150/hand-spinner-metal-sabre-irise-6-lames-roulement-acier-anti-stress-concentration-d588d.jpg?1789748001' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C'est&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;h&#196;nD sPinN&#235;r c'est trop g&#233;nial &#8594;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L247xH296/hand-spinner-4-engrenage-argent-2-247x296-70f77.jpg?1789746638' width='247' height='296' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#8595;Check this out &#8595;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/hand-spinner-metal-sabre-irise-6-lames-roulement-acier-anti-stress-concentration.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH500/hand-spinner-metal-sabre-irise-6-lames-roulement-acier-anti-stress-concentration-5d771.jpg?1789825057' width='500' height='500' alt='hand spinner trop beau en m&#233;tal violet iris&#233; avec des reflets jaunes, bleu et vert avec 5 h&#233;lices en forme de sabres' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-21 '&gt;Amixem
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8595;&#8595;&#8595;&#8595;&#8595;&#8595;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://img.freepik.com/premium-photo/nuclear-bomb-massive-explosion-city-3d-art-work-spectacular-illustration_87538-3210.jpg?w=2000&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L180xH180/3.png-r180-db8d8.webp?1789748001' width='180' height='180' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-22 '&gt;emoji de la t&#234;te qui explose, &#224; l'envers&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La rubrique qui va changer ta vie !!!&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article9' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'est ce qu'une poubelle ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#231;a va ????</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article11</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article11</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:47:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Prisca Mabille</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;https://www.service-public.gouv.fr/...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;La rubrique qui va changer ta vie !!!&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L150xH133/2.png-3caf7.webp?1789746541' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_10 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34917&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L229xH203/2.png-e7c04.webp?1789746650' width='229' height='203' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_26 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L180xH180/3-2.png-2f680.webp?1789746650' width='180' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH563/girl-with-peaches-1887_jpg_large-93c06.jpg?1789825057' width='500' height='563' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Article avec une image</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article14</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article14</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:37:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jade-Lou Maillet</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de la cr&#233;atrice d'entreprise &lt;br class='autobr' /&gt;
Article de Jade&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Rubrique de Jade&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article2' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH333/chevaux-10ec5.jpg?1789825057' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2 '&gt;&lt;strong&gt;Chevaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_24 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/mountains-8451480_1280.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH333/mountains-8451480_1280-81fec.jpg?1789825057' width='500' height='333' alt='Photo d'une montagne ' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-24 '&gt;&lt;strong&gt;Montagne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-24 '&gt;A. Malraux
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article1' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>


<item xml:lang="fr">
		<title>A l'eau de rose</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article19</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article19</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:37:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Coralie Hoareau</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rose
&lt;br class='autobr' /&gt;
Article de Coralie&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Rubrique de Coralie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rose&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH281/rose-petals-blown-by-wind-on-a-bright-blue-sky-background-free-video-027a2.jpg?1789825058' width='500' height='281' alt='Une rose, de la verdure et un oc&#233;an bleu volant' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-7 '&gt;&lt;strong&gt;Roses in the wind&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-7 '&gt;The wind...&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_8 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article5' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH313/red-rose-rose-flower-red-rose-family-garden-roses-pink-flora-flowering-plant-plant-floribunda-petal-rose-order-close-up-macro-photography-plant-stem-still-life-photography-china-rose-computer-wallpaper-rosa-centifo-56157.jpg?1789825058' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_11 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/m63746749121_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH711/m63746749121_1-7ccf1.jpg?1789825058' width='500' height='711' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH333/istockphoto-1060651078-612x612-69c5f.jpg?1789825058' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_14 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L236xH418/images-9813f.jpg?1789746927' width='236' height='418' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-14 '&gt;&lt;strong&gt;Paysage
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L236xH418/images-9813f.jpg?1789746927' width='236' height='418' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-14 '&gt;&lt;strong&gt;Paysage
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L236xH418/images-9813f.jpg?1789746927' width='236' height='418' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-14 '&gt;&lt;strong&gt;Paysage
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des images d'un chat noir</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article17</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article17</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:37:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lei Gu</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;https://leblogdechatnoir.fr/&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Lei&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/chat3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH333/chat3-218fe.jpg?1789825058' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-6 '&gt;&lt;strong&gt;Chat noir
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-6 '&gt;B. Merveu
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_5 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/chat1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH332/chat1-6c83e.jpg?1789825058' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://leblogdechatnoir.fr/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH752/chat2-2d80f.jpg?1789825058' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Image et photo</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article13</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article13</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:37:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Haihui Qi</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Introduction&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L180xH180/3.png-r180-db8d8.webp?1789748001' width='180' height='180' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-22 '&gt;emoji de la t&#234;te qui explose, &#224; l'envers
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L180xH180/3.png-r180-db8d8.webp?1789748001' width='180' height='180' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-22 '&gt;emoji de la t&#234;te qui explose, &#224; l'envers
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L180xH180/3.png-r180-db8d8.webp?1789748001' width='180' height='180' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-22 '&gt;emoji de la t&#234;te qui explose, &#224; l'envers
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L180xH180/3.png-r180-db8d8.webp?1789748001' width='180' height='180' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-22 '&gt;emoji de la t&#234;te qui explose, &#224; l'envers
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/zoner-ai-image-creator.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH286/zoner-ai-image-creator-e40f6.jpg?1789825058' width='500' height='286' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-15 '&gt;&lt;strong&gt;Wow
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/zoner-ai-image-creator.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH286/zoner-ai-image-creator-e40f6.jpg?1789825058' width='500' height='286' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-15 '&gt;&lt;strong&gt;Wow
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_14 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L236xH418/images-9813f.jpg?1789746927' width='236' height='418' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-14 '&gt;&lt;strong&gt;Paysage
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_2 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/chevaux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH333/chevaux-10ec5.jpg?1789825057' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2 '&gt;&lt;strong&gt;Chevaux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Images de Sarah</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article15</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article15</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:37:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sarah Antar</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Article de Sarah&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Rubrique de Sarah&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article4' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L474xH471/grenade_1-4c859.jpg?1789745822' width='474' height='471' alt='Une femme et une grenade' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-3 '&gt;&lt;strong&gt;Grenade&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-3 '&gt; ?&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L474xH281/cerberus_1-a6b7f.jpg?1789745822' width='474' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L474xH275/styx_1-751f6.jpg?1789745822' width='474' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_25 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/angelsatmamre-trinity-rublev-1410.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH623/angelsatmamre-trinity-rublev-1410-ed026.jpg?1789825058' width='500' height='623' alt='Photo de la peinture ' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-25 '&gt;&lt;strong&gt;Peinture
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-25 '&gt;L.Jean
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des images et des liens en Tarentaise... ou pas</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article12</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article12</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:37:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Cardot</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Article de Sarah&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_9 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/angkor.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH313/angkor-08268.jpg?1789825058' width='500' height='313' alt='Photo du temple d'Angkor Vat - Siem Reap' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-9 '&gt;&lt;strong&gt;Le temple d'Angkor Vat - Siem Reap
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-9 '&gt;A. Malraux
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_24 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/jpg/mountains-8451480_1280.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L500xH333/mountains-8451480_1280-81fec.jpg?1789825057' width='500' height='333' alt='Photo d'une montagne ' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-24 '&gt;&lt;strong&gt;Montagne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-24 '&gt;A. Malraux
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article4' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L259xH275/monlogo-c9d5a.png?1789745823' width='259' height='275' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Article de Coralie</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article5</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Coralie Hoareau</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Rubrique de Coralie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troll&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ceci est un article factice.&lt;/a&gt; Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?auteur2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Coralie Hoareau&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. Ceci est un article factice. &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article19' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ceci est un article factice.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De figure politique majeure &#224; libraire la folle &#233;pop&#233;e de Philou</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article10</link>
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		<dc:date>2026-09-18T15:11:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>BARREZ Maxime</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse. Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse. Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Rubrique de Maxime&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus qu&lt;a href=&#034;https://www.fnac.com/a14876180/Nicolas-Sarkozy-Le-Temps-des-Tempetes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;e sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
.Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un d&#233;bat d'une qualit&#233; plus que sup&#233;rieure, Phillipe Poutou, sous son alias le zorro des temps moderne afflige d&#233;faite sur d&#233;faite aux rh&#233;toriques fallacieuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est ce qu'une poubelle ?</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article9</link>
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		<dc:date>2026-09-18T15:11:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cyan Kerjan</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple. Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;L'ergonomie des poubelles d'aujourd'hui&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bing.com/ck/a?!&amp;&amp;p=ca393ffcb02a340be140369589f7abe57a8a7fc99d9ce55fe0efdd05afdfa112JmltdHM9MTc4OTY4OTYwMA&amp;ptn=3&amp;ver=2&amp;hsh=4&amp;fclid=178c3bcb-49c6-6672-0520-2c1348e8671f&amp;u=a1L3ZpZGVvcy9yaXZlcnZpZXcvcmVsYXRlZHZpZGVvP3E9bWFjcm9uK2V4cGxvc2lvbityZW1peCZtaWQ9MzdCRDEwRjAzOTM1MDIxMTFDMDIzN0JEMTBGMDM5MzUwMjExMUMwMiZjaHVybD1odHRwcyUzYSUyZiUyZnd3dy55b3V0dWJlLmNvbSUyZmNoYW5uZWwlMmZVQ2NNcWwwZTB1eVgtNlM1RUdKMll1cWcmRk9STT1WSVJF&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident.&lt;/a&gt; Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.bing.com/ck/a?!&amp;&amp;p=e2fc05f11853e4f9dabb569bacd122f91ffe3b10d09c0b86b5f11aa8f8247a73JmltdHM9MTc4OTY4OTYwMA&amp;ptn=3&amp;ver=2&amp;hsh=4&amp;fclid=178c3bcb-49c6-6672-0520-2c1348e8671f&amp;u=a1L3ZpZGVvcy9yaXZlcnZpZXcvcmVsYXRlZHZpZGVvP3E9Z2ltbWUrdGhlK2dvcmJhZ2UmbWlkPTFFNUE1NDYzNDBEN0E2MEI0NDFBMUU1QTU0NjM0MEQ3QTYwQjQ0MUEmY2h1cmw9aHR0cHMlM2ElMmYlMmZ3d3cueW91dHViZS5jb20lMmZjaGFubmVsJTJmVUNqV3NFOWNqUnU1Z0ltazk5eUZod1ZnJkZPUk09VklSRQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident.&lt;/a&gt; Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.Une poubelle est une poubelle, c'est &#233;vident. Pourquoi se poser cette question ? Vous avez d&#233;j&#224; vu des poubelles quand-m&#234;me. Vous sortez dehors, vous voyez ce que c'est. Pas besoin de s'&#233;tendre l&#224;-dessus, on peut passer &#224; autre chose. On jette des trucs dedans quoi, c'est simple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sentation de la cr&#233;atrice d'entreprise</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article2</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:11:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Haihui Qi</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Story telling &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de la cr&#233;atrice d'entreprise &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entreprise &lt;br class='autobr' /&gt;
Les produits &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tarifs &lt;br class='autobr' /&gt;
Les services &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tarifs &lt;br class='autobr' /&gt;
Story telling &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de la cr&#233;atrice d'entreprise &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire de l'entreprise
&lt;br class='autobr' /&gt;
Les produits &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tarifs
&lt;br class='autobr' /&gt;
Les services
&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tarifs&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Introduction&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Story telling&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de la cr&#233;atrice d'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entrepriseL'histoire de l'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://or.fr/cours/or/usd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les produits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les tarifs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tarifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Story telling&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de la cr&#233;atrice d'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'entreprise&lt;br class='autobr' /&gt;
Les produits &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tarifs&lt;br class='autobr' /&gt;
Les services&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tarifs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Article de Jade</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article1</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:11:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jade-Lou Maillet</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Rubrique de Jade&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Article &lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;whole food plant based&lt;/a&gt; blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Article&lt;/a&gt; whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;unrefined food&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food Article whole food plant based blablabla healthy food unrefined food&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Article de Sarah</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article4</link>
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		<dc:date>2026-09-18T15:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sarah Antar</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Je ne sais pas quoi &#233;crire. Je ne sais pas quoi &#233;crire. Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire. vv Images de Sarah Je ne sais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Rubrique de Sarah&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L150xH149/grenade_1-0c2b4.jpg?1789749142' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Je ne sais pas quoi &#233;crire. Je ne sais pas quoi &#233;crire. Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article15' class=&#034;spip_in&#034;&gt;.Je ne sais pas quoi &#233;crire.J&lt;/a&gt;e ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; {{}}vv &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article15' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Images de Sarah&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je ne sais pas quoi &#233;crire.&lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Je ne sais pas quoi &#233;crire.&lt;/a&gt;Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.Je ne sais pas quoi &#233;crire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#239; &#196;rt&#238;Kel</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article6</link>
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		<dc:date>2026-09-18T15:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Garance Guichon</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque vL'article qui claque L'article qui claquevL'article qui claque vv vv. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'article qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;D&#228; RubriK'&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/local/cache-vignettes/L150xH150/nuclear-bomb-explosion-isolated-on-transparent-background-free-png-9ec53.webp?1789748202' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://media1.tenor.com/m/HDzCigL_D8QAAAAC/shinji-shinji-chair.gif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'article qui claque&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article qui claque&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article qui claque L'article qui claque &lt;a href=&#034;https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=youtube+le+poussin+piou&amp;mid=B90C697F794EA53986C7B90C697F794EA53986C7&amp;churl=https%3a%2f%2fwww.youtube.com%2fchannel%2fUCW4w39HG16HSuDkvLu4AIaA&amp;FORM=VIRE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'article qui claque&lt;/a&gt; L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque L'article qui claque vL'article qui claque L'article qui claquevL'article qui claque vv vv.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article qui claquevL'article qui claquevvv L'article qui claquevL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claquevvvvL'article qui claqueL'article qui claquevvvL'article qui claquevvvvvL'article qui claquevvL'article qui claquevL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claqueL'article qui claque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCI DE VOTRE LECTURE &#9829;&#9829;&#9829;&#9829;&#9829;&#9829;&#9829;&#9829;&#9829; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lei 1</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article7</link>
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		<dc:date>2026-09-18T15:10:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lei Gu</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Lei&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://meteofrance.com/meteo-a-z/pourquoi-le-ciel-est-il-bleu&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://meteofrance.com/meteo-a-z/p...&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu.&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Couleur_du_ciel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ciel est bleu.&lt;/a&gt; Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Article de Jade&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu. Le ciel est bleu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Tarentaise</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article8</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article8</guid>
		<dc:date>2026-09-18T15:10:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Cardot</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Tarentaise &lt;br class='autobr' /&gt;
La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/pdf/quatre_pages.pdf' class=&#034;spip_in&#034; type='application/pdf'&gt;La Tarentaise&lt;/a&gt; est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre &lt;a href=&#034;https://paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/IMG/pdf/quatre_pages.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les massifs de la Savoie et du Beaufortain&lt;/a&gt;. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, &lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;on atteint le col du Petit Saint Bernard&lt;/a&gt;, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.sorbonne-nouvelle.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?article8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Tarentaise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_5/spip.php?rubrique4' class=&#034;spip_in&#034;&gt;haute vall&#233;e de l'Is&#232;re&lt;/a&gt;, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Savoie et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
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		<title>L'article qui va changer ta vie !!!</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Prisca Mabille</dc:creator>







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