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	<title>Septembre 2026</title>
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-8-0cbd9.png?1789638124' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Informatique Esit&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_31 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-6-a633e.png?1789637963' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La rentr&#233;e &#224; l'Esit&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_30 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-5-00c46.png?1789637966' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;La rentr&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-77d24.png?1789723152' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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		<dc:creator>Damienne Bonnamy</dc:creator>







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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_29 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-4-ebc2a.png?1789637883' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion</title>
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&lt;p&gt;La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion &lt;br class='autobr' /&gt; Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public Directrice de l'Universit&#233; Ouverte Universit&#233; de Franche-Comt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damienne Bonnamy &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Londres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc503_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; ? C'est une r&#233;alit&#233; en constante expansion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc505_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Damienne Bonnamy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences de Droit Public&lt;br class='manualbr' /&gt;Directrice de l'Universit&#233; Ouverte&lt;br class='manualbr' /&gt;Universit&#233; de Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L302xH268/10000201000002ae000002617a6aaca876625006-2-b45cb.png?1789723152' width='302' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damienne Bonnamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Lucile Garbagnati m'a propos&#233; d'intervenir sur la citoyennet&#233;, j'ai r&#233;pondu sans doute beaucoup trop rapidement &#171; oui &#187;, comme si le sens de ce terme &#233;tait univoque. Au fond, le sujet laisse perplexe, au moins sous la forme de l'adjectif : &#171; citoyen, citoyenne &#187;. On entend parler de &#171; conduite citoyenne &#187;, de &#171; t&#233;moignage citoyen &#187;, on entreprend des &#171; marches citoyennes &#187;, des &#171; d&#233;marches citoyennes &#187;. M&#234;me la consommation, de nos jours, peut &#234;tre &#171; citoyenne &#187;, au point que l'on peut se demander si on ne finira pas par devoir laver avec de la &#171; lessive citoyenne &#187;, tant cet adjectif est accol&#233; &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc507_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La citoyennet&#233; : civisme, civilit&#233;, solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une id&#233;e clairement identifi&#233;e depuis la R&#233;volution, puisque la citoyennet&#233; renvoyait &#224; la nation, avec, comme cons&#233;quence, le droit de vote li&#233; &#224; la nationalit&#233;. Le citoyen d&#233;sormais souverain s'exprime, en effet, par le vote. Puis, peu &#224; peu, on a entendu le terme plus largement, comme regroupant un ensemble de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit, la citoyennet&#233; comprend, au-del&#224; du droit politique &#8211; le vote _ qui est son premier sens, le civisme ou respect de la loi ; la civilit&#233; ou le respect des autres. Remarquons, au passage, qu'on parle beaucoup plus souvent d'incivilit&#233; que de civilit&#233;. Enfin, le dernier &#233;l&#233;ment de la citoyennet&#233; est la solidarit&#233;. C'est cet ensemble que l'on regroupe aujourd'hui, juridiquement, sous le vocable de citoyennet&#233; : le civisme, la civilit&#233;, la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci revient &#233;videmment &#224; parler des valeurs, et parler des valeurs a conduit &#224; mettre en lumi&#232;re deux approches. Une approche o&#249; l'individu laisse au vestiaire ses appartenances diverses pour entrer dans la cit&#233; et faire soci&#233;t&#233;. C'est notre conception r&#233;publicaine, traditionnelle, o&#249; la la&#239;cit&#233; tient une place fondamentale. Mais on trouve aujourd'hui une autre conception de la cit&#233;, communautariste, o&#249; l'on se contente de superposer des groupes disparates, le lien social &#233;tant alors assez r&#233;duit, justement &#224; quelques r&#232;gles de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la notion de citoyennet&#233; est en crise. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais plut&#244;t qu'elle s'est tellement &#233;tendue qu'on a du mal &#224; la saisir. D'autant que son sens d'origine, le vote, n'est plus tr&#232;s parlant pour beaucoup, on le voit bien avec l'abstention que l'on a presque tendance d&#233;sormais &#224; consid&#233;rer comme un v&#233;ritable parti pris politique. Et le parti des abstentionnistes grossit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais donc pas faire un expos&#233; savant sur le th&#232;me, ce dont je serais bien incapable car, comme cela a &#233;t&#233; dit, le sujet me laisse plut&#244;t perplexe, mais je vais plut&#244;t vous proposer quelques points de rep&#232;re qui permettent d'ouvrir le d&#233;bat, en partant de l'Histoire. Parce que partir de l'Histoire &#233;claire les choses, comme toujours, mais surtout parce que l'Histoire est toujours au pr&#233;sent : il faut bien voir que la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789 demeure la base de notre droit. Elle est le pr&#233;ambule de la constitution et a la m&#234;me valeur juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repartons de l&#224; et int&#233;ressons-nous d'abord &#224; la cit&#233; et au citoyen, passons ensuite &#224; l'extension, &#224; la mani&#232;re dont tous sont devenus citoyens, avant de voir la question de la confrontation de l'individualisme et de l'engagement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc509_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233; et le citoyen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233;, la &#171; polis &#187; &#233;tait si importante pour les Grecs qu'elle nous a donn&#233; le terme qualifiant le pouvoir et son exercice : la politique. Si la politique est grecque, tout comme la forme du r&#233;gime caract&#233;risant le pouvoir du peuple : la d&#233;mocratie, le &#171; citoyen &#187;, lui, est romain. C'est donc bien qu'il y a eu une &#233;volution entre Ath&#232;nes et Rome &#224; propos de l'appartenance. Voil&#224; un point de d&#233;part int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait partie de la cit&#233; ath&#233;nienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui en est membre et participe &#224; cette d&#233;mocratie ath&#233;nienne ? La cit&#233; est d&#233;finie par des crit&#232;res g&#233;ographiques et par des valeurs morales. Ainsi, pour pouvoir participer &#224; la vie politique, il faut d'abord &#234;tre ath&#233;nien, c'est-&#224;-dire &#234;tre n&#233; de m&#232;re ath&#233;nienne. Par exemple Aristote, qui &#233;tait n&#233; &#224; Stagire, sur la mer &#201;g&#233;e, a bien s&#251;r pass&#233; sa vie &#224; Ath&#232;nes, mais n'a jamais &#233;t&#233; citoyen d'Ath&#232;nes. S'il a men&#233; la vie d'un spectateur engag&#233;, il n'a jamais vot&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter un autre &#233;l&#233;ment qui donne &#224; r&#233;fl&#233;chir : dans cette cit&#233;, la fonction la plus importante, en tout cas selon Platon, mais il n'est pas le seul, c'est l'&#233;ducation. Parce qu'on ne peut pas imaginer faire soci&#233;t&#233; sans &#233;ducation, on n'est pas citoyen sans qu'il y ait de l'&#233;ducation d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, lui, a fait avancer la conception de la cit&#233;, en estimant qu'elle devait &#234;tre soumise au droit afin de d&#233;passer le pouvoir personnel. Primordiale, la cit&#233; l'est puisque l'homme trouve sa fin en elle, ce qui s'exprime par l'expression : &#171; l'homme est un animal politique &#187;. La cit&#233; est la soci&#233;t&#233; parfaite, elle est la fin ultime des communaut&#233;s et par ce fait elle leur est ant&#233;rieure dans la mesure o&#249; les communaut&#233;s n'existent que pour la former. On comprend ais&#233;ment qu'il n'y a, l&#224;, aucune place pour l'individualisme, &#233;tranger &#224; la pens&#233;e grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote dit aussi que la cit&#233; n'est pas seulement une union d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, c'est &#171; la meilleure fa&#231;on de vivre ensemble &#187;. Mieux, d'atteindre au bonheur gr&#226;ce &#224; la morale qui distingue l'homme de l'animal. Et il d&#233;finit m&#234;me la cit&#233; comme un &#171; organisme moral &#187;. C'est-&#224;-dire que la cit&#233; est dot&#233;e de conscience, et sa conscience et sa moralit&#233; ne peuvent &#233;videmment exister que si elles existent chez ses membres. C'est en eux qu'elle &#233;prouve tel ou tel sentiment, qu'elle approuve ou qu'elle bl&#226;me. Comme le r&#233;sumait le philosophe Lucien Jerphagnon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;thique sup&#233;rieure, morale souveraine, telle est la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception est malgr&#233; tout &#233;troite puisqu'elle fonde la citoyennet&#233; sur un crit&#232;re g&#233;ographique, celui de la cit&#233; de naissance. Cependant, il y a &#224; la m&#234;me &#233;poque d'autres &#233;coles de pens&#233;e, notamment les sto&#239;ciens. Ils voient le monde comme un tout, le cosmos et si le citoyen a une patrie &#8211; sa cit&#233; &#8211; qu'il ne doit pas renier, il appartient &#224; un plus vaste espace, au cosmos justement, autrement dit &#224; la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question des appartenances me para&#238;t importante, et je vais l'illustrer par une anecdote. Il y a quelque temps, Fran&#231;ois Ansermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;decin dirigeant les h&#244;pitaux p&#233;dopsychiatriques de Gen&#232;ve, qui a publi&#233; &lt;i&gt;La clinique des origines&lt;/i&gt; a donn&#233; une conf&#233;rence &#224; Besan&#231;on sur ce th&#232;me. Il a montr&#233; que, pour un enfant, les origines sont absolument irrepr&#233;sentables. Si l'on explique &#224; un petit comment sont fabriqu&#233;s les enfants, la petite graine du papa d&#233;pos&#233;e dans le ventre de la maman etc., l'enfant &#233;coute bien, comprend bien, et finit par dire : &#171; Oui, mais avant d'&#234;tre dans ton ventre, avant d'&#234;tre cette petite graine, j'&#233;tais o&#249; ? &#187; Effectivement, tous les enfants, je crois, disent cela : &#171; J'&#233;tais o&#249;, avant ? J'existais quand m&#234;me, mais j'&#233;tais o&#249; ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Ansermet en conclut que l'origine n'est pas repr&#233;sentable, et il en va de m&#234;me pour la mort. Quand on dit &#224; un enfant que son grand-p&#232;re est mort en expliquant que le corps va dans la terre, tandis qu'il y a une partie qui reste dans le souvenir ou, pour un croyant, va au ciel, la demande de l'enfant sera la m&#234;me que pour l'origine : &#171; Quand mon corps sera dans la terre et que mon &#226;me sera au ciel, moi, je serai o&#249; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc511_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est une histoire que l'on accepte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me semble important, et j'en reviens &#224; notre propos, parce qu'une cit&#233; n'est pas seulement un cadre spatial, c'est une histoire que l'on accepte, ce sont des origines que l'on accepte, et au-del&#224;, finalement, on b&#226;tit ensemble des origines. Ainsi les origines, ce n'est pas seulement d'o&#249; l'on vient, mais bien ce que l'on veut faire ensemble. C'est d'ailleurs le propos de la conf&#233;rence de Renan &#171; Qu'est-ce qu'une nation ? &#187;, en 1882&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont je reprends cet extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissement d'un long pass&#233; d'efforts, de sacrifices et de d&#233;vouement. Le culte des anc&#234;tres est de tous le plus l&#233;gitime : les anc&#234;tres nous ont fait ce que nous sommes. Un pass&#233; h&#233;ro&#239;que, des grands hommes, de la gloire, voil&#224; le capital social sur lequel on assied une id&#233;e nationale. Avoir des gloires communes dans le pass&#233;, une volont&#233; commune dans le pr&#233;sent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voil&#224; les conditions essentielles pour &#234;tre un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a b&#226;tie, et qu'on transmet. Le chant spartiate &#171; Nous sommes ce que vous f&#251;tes, nous serons ce que vous &#234;tes &#187; est, dans sa simplicit&#233;, l'hymne abr&#233;g&#233; de toute patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, d&#233;passer les appartenances d'origine, m&#234;me si bien entendu il ne s'agit absolument pas de les nier, mais vouloir mettre quelque chose en commun, faire quelque chose ensemble, c'est cela une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc513_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cit&#233;, c'est un contrat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension de la cit&#233; comme un espace &#233;thique et moral, Rome a ajout&#233; celle du droit et de l'&#201;tat, d&#233;fini comme un lien de droit conclu volontairement. C'est essentiel et, en ce sens, les Romains sont vraiment les fondateurs de l'&#201;tat, ce lien volontaire qui am&#232;ne &#224; la citoyennet&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'appartenance n'est plus une fatalit&#233;, elle est choisie et l'on peut m&#234;me en changer par la naturalisation. L'apport des Romains est donc essentiel en ce qu'il nous lib&#232;re de la g&#233;ographie et de la naissance. Dans cet esprit, en 212 apr&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re chr&#233;tienne, l'&#233;dit de Caracalla a accord&#233; tr&#232;s largement la citoyennet&#233; dans l'empire romain, sans souci d'appartenance ou d'origine g&#233;ographique. Si Augustin d'Hippone, saint Augustin, est citoyen romain, c'est parce que sa famille a &#233;t&#233; naturalis&#233;e par cet &#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un contrat qui fonde la souverainet&#233; du peuple et un droit naturel, Cic&#233;ron le dit dans &lt;i&gt;De&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;&lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : &#171; Il y a une loi vraie, c'est la droite raison, conforme &#224; la nature, &#233;tendue dans tous les &#234;tres, toujours d'accord avec elle-m&#234;me, non sujette &#224; p&#233;rir. &#192; cette loi, il n'est pas permis de d&#233;roger &#187;. Ces lois universelles sont en fait des valeurs communes pour toutes les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc515_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment sommes-nous devenus citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est devenu citoyen, et comment sommes-nous pass&#233;s d'une France gouvern&#233;e par un souverain de droit divin, avec des sujets, &#224; la souverainet&#233; de la nation ? &#192; des citoyens souverains, qui forment la nation ? Des citoyens qui vont voter la loi, &#171; expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187; selon la formule de Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, tr&#232;s rapidement, on s'est demand&#233; qui allait voter cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, la r&#233;ponse n'a pas &#233;t&#233; d'embl&#233;e : &#171; Tous voteront &#187;. On estimait, en effet, que pour exprimer la voix de la nation, il fallait poss&#233;der quelque bien, avoir des int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;fendre. Ne devaient donc voter que les citoyens actifs, ceux payant l'imp&#244;t, le cens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, d&#232;s la constitution de 1793, on passera cependant du suffrage censitaire au suffrage universel, m&#234;me si les troubles du temps emp&#234;cheront une mise en pratique efficace avant 1848. La R&#233;volution est &#224; d&#233;fendre, tout comme la France menac&#233;e par les arm&#233;es coalis&#233;es d'Europe. Il faudra faire la guerre, mais qui sera soldat, qui d&#233;fendra la patrie d&#232;s lors que le pays n'a plus une arm&#233;e de mercenaires ? La r&#233;ponse s'impose d'&#233;vidence : la patrie est le bien de tous les citoyens, tous seront soldats et donc tous voteront. En m&#234;me temps que l'arm&#233;e devient nationale, le suffrage sera universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le terme &#171; fraternit&#233; &#187;, qui est tr&#232;s peu courant et a donc peu d'occurrences au XVIII&#232;me si&#232;cle en dehors de la religion, appara&#238;t dans le vocabulaire civil par le biais du terme &#171; fraternisation &#187;. La fraternisation est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'arm&#233;e, c'est la fraternisation des tranch&#233;es, et dans ce sens-l&#224;, la fraternit&#233; a &#233;t&#233; d'embl&#233;e ambivalente. En effet, elle unit d'abord contre un ennemi commun, elle n'est donc pas exclusive de la violence. Sans compter que cette ambivalence est perceptible d&#232;s les origines de l'humanit&#233; : le premier meurtre de la Bible est un fratricide, c'est la notion de fr&#232;res ennemis. Donc la fraternit&#233; n'est pas une notion aussi claire qu'on pourrait le penser, m&#234;me du point de vue psychanalytique, les fr&#232;res ne sont pas forc&#233;ment amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration, le 14 juillet 1790, o&#249; toutes les provinces &#233;taient mont&#233;es &#224; Paris, avec des drapeaux portant des devises, les drapeaux mentionnaient en g&#233;n&#233;ral &#171; la nation, la loi &#187; ou &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233; &#187;, deux drapeaux seulement mentionnaient &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;, le drapeau du Dauphin&#233; et le drapeau de la Franche-Comt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tr&#232;s rapidement, quand Robespierre, ou le bisontin Momoro proposent la devise &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, ils y ajoutent : &#171; ou la mort &#187;. Or, selon la place des virgules, cela peut signifier que l'on d&#233;fendra en bloc la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; ou que l'on mourra, mais on peut avoir le doublet libert&#233;, &#233;galit&#233;, et puis ensuite fraternit&#233; ou la mort, c'est-&#224;-dire : sois comme moi, sois mon fr&#232;re, ou je te tue. C'est d'ailleurs en raison de cette ambivalence que la fraternit&#233;, &#224; la fin de la R&#233;volution, dispara&#238;tra de la devise pour resurgir seulement en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant, d'une mani&#232;re plus fraternelle justement, le r&#233;volutionnaire Daunou en septembre 1789, avait expos&#233; que : &#171; Les Fran&#231;ais, en prenant la Bastille, se sont ouvert la possibilit&#233; d'avoir une patrie, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; tous les hommes sont fr&#232;res &#187;. Voil&#224; une nouvelle d&#233;finition de la patrie, de la nation puisque les deux se confondent &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, la R&#233;volution, tr&#232;s rapidement, se pose la question d'&#233;tendre la citoyennet&#233;. La premi&#232;re extension se fait envers les &#233;trangers. Il y avait d&#233;j&#224; eu des naturalisations &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et la lumi&#232;re n'a donc pas succ&#233;d&#233; &#224; la nuit, mais d&#232;s l'automne 1789 on naturalise tr&#232;s largement, par d&#233;cret, tous ceux qui sont pr&#233;sents sur le sol fran&#231;ais depuis au moins cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question qui se pose d'embl&#233;e aussi, c'est celle des juifs, qui vivent vraiment dans des communaut&#233;s ferm&#233;es. Vont-ils devenir citoyens ? Pourront-ils prendre les armes eux aussi, pour d&#233;fendre la patrie ? Il y a eu des d&#233;bats, d'ailleurs en premier lieu internes, les juifs du sud de la France &#233;tant tout acquis &#224; l'id&#233;e d'entrer dans la nation, alors que les juifs de l'est avaient peur de perdre leur particularisme et finalement de ne plus former une communaut&#233;. C'est pourquoi le d&#233;cret d'incorporation des juifs &#224; la nation fran&#231;aise s'est fait en deux temps : un premier d&#233;cret pour ceux du sud de la France, les s&#233;farades, tandis que pour les ashk&#233;nazes, les juifs de l'est, cela a &#233;t&#233; un peu plus tardif, en 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le projet d'&#233;mancipation des juifs devant l'Assembl&#233;e, le comte de Clermont-Tonnerre affirmera qu'il faut &#171; refuser tout aux juifs comme nation, leur donner tout comme individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. M. Winock, La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours, Seuil, 2004, p. 18.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nation fran&#231;aise est une et indivisible, on ne superpose pas des communaut&#233;s. Autrement dit, l'isra&#233;lite qui entre dans la nation fran&#231;aise, c'est un Fran&#231;ais, &#233;ventuellement de confession juive. Donc un juif fran&#231;ais et non un Fran&#231;ais juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question va se poser &#233;videmment aussi pour les esclaves des colonies. &#192; l'heure o&#249; les aristocraties nobiliaire et sacerdotale n'&#233;taient plus, conserver une &#171; aristocratie cutan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents Abolition de l'esclavage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paraissait insupportable. Cependant, m&#234;me la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des Amis des Noirs, &#233;tablie le 19 f&#233;vrier 1788 au nom de la fraternit&#233; devant unir tous les peuples, avait reconnu qu'on ne pouvait &#171; bl&#226;mer la circonspection des l&#233;gislateurs qui temporisent &#187;. Sans doute les Noirs lib&#233;r&#233;s vengeraient-ils dans le sang l'oppression pass&#233;e et tant l'&#233;conomie des &#238;les, soudain priv&#233;e d'une main d'&#339;uvre forc&#233;e, que celle de la m&#233;tropole, se trouveraient d&#233;sorganis&#233;es, voire exsangues face &#224; une Angleterre esclavagiste. Force est de reconna&#238;tre que l'esclavage ne tombera que lorsqu'on ne pourra plus faire autrement. Quand Saint-Domingue sera &#224; feu et &#224; sang, les commissaires Sonthonax et Polv&#233;rel, envoy&#233;s sur place, n'auront d'autre choix que de proclamer l'abolition de l'esclavage le 29 ao&#251;t 1793, la violence obtenant ce que les id&#233;es n'avaient pu imposer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre r&#233;publicain, la citoyennet&#233; conna&#238;tra des extensions successives. Comme chacun sait, on l'&#233;tendra aux femmes, certes tardivement en 1944, mais c'est une extension. On abaissera l'&#226;ge de la majorit&#233;. Se pose aussi, comme l'a rappel&#233; madame Andriantavy, la question des &#233;lections locales. Malgr&#233; les d&#233;bats, on peut dire que globalement la citoyennet&#233; s'est &#233;largie depuis 1789. Sans compter que, si nous sommes citoyens d'un des pays de l'Union, nous avons une deuxi&#232;me citoyennet&#233;, celle de l'Union, on retrouve l&#224; une part de cosmopolitisme : nous sommes citoyens europ&#233;ens. C'est encore un &#233;largissement. Du point de vue des droits, l'extension est encore plus nette : une cour comme la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme est comp&#233;tente non seulement pour les ressortissants des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe, mais aussi pour les &#233;trangers se trouvant sur le sol europ&#233;en. C'est quelque chose d'assez exceptionnel dans l'histoire de l'humanit&#233; : il y a, &#224; l'heure actuelle, pr&#232;s d'un milliard de personnes qui rel&#232;vent du m&#234;me droit europ&#233;en des droits de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc517_3567160439&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Individualisme et engagement citoyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;galit&#233; des droits proclam&#233;e en 1789 n'&#233;tait qu'une &#233;galit&#233; politique : le pauvre votait tout comme le riche, pour autant l'in&#233;galit&#233; des situations et des fortunes n'&#233;tait pas entam&#233;e. Peu &#224; peu, cependant, la progression de l'id&#233;e socialiste a rebattu les cartes. Comment ne pas voir que l'&#233;galit&#233; &#233;tait plus formelle que r&#233;elle ? L'&#201;tat ne pouvait se d&#233;sint&#233;resser de la question de la redistribution et des corrections n&#233;cessaires pour r&#233;tablir une v&#233;ritable &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat s'est donc transform&#233;, il est devenu ce qu'on appelle l'&#201;tat providence, certains parlent, en ce sens, de &#171; d&#233;mocratie providentielle &#187; et, de fait, les politiques publiques qui visent &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s sont tr&#232;s nombreuses. Finalement, elles sont m&#234;me devenues pour partie la condition de l'exercice de la citoyennet&#233; : on dit qu'il faut d'abord am&#233;liorer les conditions sociales pour que la personne puisse avoir envie de participer. D'ailleurs, dans tous les budgets des grands &#201;tats, il y a une part croissante pour l'&#233;ducation, pour la culture, pour le sport afin que la personne puisse participer &#224; la vie de la cit&#233;, tout en &#233;panouissant ses talents, m&#234;me si elle est socialement d&#233;favoris&#233;e. On peut aussi d&#233;gager de l'argent pour que les individus restent attach&#233;s &#224; leur culture d'origine et pour faire vivre ces cultures. Cela se pratique, par exemple, au Canada. C'est profond&#233;ment &#233;tranger &#224; notre conception de l'universalit&#233;, mais cela montre la volont&#233; de tenir compte des individus et de leurs particularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela pose des probl&#232;mes de l'ordre de la quadrature du cercle ! La r&#233;ponse de l'&#201;tat aux in&#233;galit&#233;s, aux injustices, sera toujours trop faible et suscitera toujours des insatisfactions, des revendications cat&#233;gorielles, voire la demande de r&#233;parations au nom de l'Histoire. Finalement l'&#201;tat est parfois pris &#224; son propre pi&#232;ge, il a &#233;t&#233; vraiment cr&#233;&#233; sur une base universelle et, pour r&#233;pondre aux besoins des individus, il prend des mesures cat&#233;gorielles. Il fragmente la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut m&#234;me y avoir un certain nombre d'effets pervers : en donnant &#224; certains en raison de leur appartenance, cela peut conduire &#224; une forme de stigmatisation. Il y a aussi, &#233;conomiquement, des effets de seuil. Ou encore une bureaucratisation de l'assistance, l'assistanat pouvant, en outre, conduire au client&#233;lisme. Il me semble que ces &#233;volutions doivent conduire &#224; s'interroger : un syst&#232;me de redistribution tel que le n&#244;tre &#8211; puisque que le budget de l'&#201;tat est constitu&#233; aux deux tiers de d&#233;penses de transfert &#8211; s'il n'est pas con&#231;u comme exprimant la solidarit&#233; de tous envers tous, peut &#234;tre de plus en plus rejet&#233;. Lorsque l'assistance, avec des travailleurs sociaux, est organis&#233;e en syst&#232;me par les pouvoirs publics, la solidarit&#233; risque facilement d'&#234;tre per&#231;ue comme une contrainte par ceux qui paient l'imp&#244;t sans plus savoir exactement pour quoi, tout en entra&#238;nant une d&#233;responsabilisation du demandeur d'aide. Ce qui pose donc la question de savoir comment rester un citoyen actif. Ainsi il faut n&#233;cessairement conserver un espace public du vivre ensemble : la soci&#233;t&#233; doit v&#233;ritablement &#234;tre le lieu de la volont&#233; collective. La simple superposition d'individus vivant les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres am&#232;ne au ressentiment, &#224; l'insatisfaction, aux r&#233;clamations. Autrement dit, le souci trop exclusif qu'on a parfois eu de l'individu peut mettre en danger la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; les moyens mat&#233;riels ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, leur r&#233;partition regarde chacun et ne peut r&#233;sulter que d'une d&#233;cision collective. Si le citoyen est, bien s&#251;r, &#224; la source de la l&#233;gitimit&#233;, c'est le principe de la citoyennet&#233; qui l&#233;gitime l'ensemble des solidarit&#233;s, mais aussi l'ensemble des contraintes. On ne peut imaginer une vie sociale sans contraintes, mais ces contraintes il faut les vouloir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la citoyennet&#233; n'est pas seulement un principe de l&#233;gitimit&#233; politique, c'est vraiment la source du lien social. Elle doit d&#233;finir un espace public, commun, qui transcende les divisions et les in&#233;galit&#233;s. Je crois &#8211; et on peut en d&#233;battre &#8211; que la redistribution des richesses n'est l&#233;gitime que si c'est une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et affirm&#233;e par tous les citoyens se mettant d'accord sur cette redistribution sociale. Sinon, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, vous avez d'un c&#244;t&#233; ceux qui paient et supportent de moins en moins de payer, et de l'autre ceux qui re&#231;oivent et sont d&#233;responsabilis&#233;s. Faire soci&#233;t&#233;, suppose de d&#233;gager un espace public suffisant, alors qu'on a un peu l'impression que les exigences des individus font dispara&#238;tre le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; impose, pour avoir un avenir, d'&#234;tre un peuple. C'est d'ailleurs pour cela &#8211; qu'est-elle devenue ? &#8211; qu'on avait instaur&#233; en 2006 une journ&#233;e de la fraternit&#233;, chaque ann&#233;e en septembre, qui devait valoriser les apports des migrants &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus joyeuse, j'ai choisi un po&#232;me de Schiller, qui dit que si la libert&#233; est le fondement de la condition humaine, la joie fraternelle en est l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joie, &#233;tincelle divine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fille de l'&#201;lys&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, ivres de feu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Divin est ton sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes charmes rassemblent&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que la vague avait durement s&#233;par&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous les hommes deviennent fr&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; o&#249; s'attarde ton aile cl&#233;mente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien Jerphagnon : professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s, philosophe. Correspondant de plusieurs revues scientifiques &#233;trang&#232;res, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il est sp&#233;cialiste de la pens&#233;e grecque et romaine, et du christianisme. Il a notamment publi&#233; &lt;i&gt;Les Dieux et les Mots, Histoire de la pens&#233;e de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; (Tallandier), et &#233;dit&#233; les &lt;i&gt;&#338;uvres de saint Augustin&lt;/i&gt;, Gallimard, 'Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade', 3 vol. 1998-2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ansermet, n&#233; en 1952, est psychanalyste. Professeur aux Universit&#233;s de Lausanne et de Gen&#232;ve, il est chef du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent aux H&#244;pitaux Universitaires de Gen&#232;ve. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, notamment &lt;i&gt;Malaise dans l'institution &#8211; Le soignant et son d&#233;sir&lt;/i&gt; (1991) ; &lt;i&gt;Clinique de l'origine&lt;/i&gt; (1999) ; &lt;i&gt;&#192; chacun son cerveau. Plasticit&#233; neuronale et inconscient&lt;/i&gt; (2004) ; &lt;i&gt;Parentalit&#233; st&#233;rile et procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, Le d&#233;gel du devenir&lt;/i&gt; (2006) ; &lt;i&gt;L'ombre du futur, Clinique de la procr&#233;ation et myst&#232;re de l'incarnation&lt;/i&gt; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de la conf&#233;rence publi&#233;e, en texte int&#233;gral, dans l'ouvrage sous la direction de Philippe Forest, &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? Litt&#233;rature et identit&#233; nationale de 1871 &#224; 1914&lt;/i&gt;, chapitre 2, pp. 12-48, Paris, Pierre Bordas et fils, &#201;diteur, 1991, 128 pp. Collection Litt&#233;rature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. M. Winock, &lt;i&gt;La France et les Juifs de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2004, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire de la la&#239;cit&#233; : textes et documents&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale 3 et 4 f&#233;vrier 1794&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abolition de l'esclavage Convention nationale, s&#233;ances des 15 et 16 pluvi&#244;se an II (3 et 4 f&#233;vrier 1794) Cit&#233; dans &#171; 1789 Recueil de textes et documents du XVIII&#232;me si&#232;cle &#224; nos jours &#187; Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale de la jeunesse et des sports 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ance du 15 pluvi&#244;se&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au nom du Comit&#233; des d&#233;bats : Citoyens votre comit&#233; des d&#233;bats a v&#233;rifi&#233; les pouvoirs des d&#233;put&#233;s envoy&#233;s &#224; la repr&#233;sentation nationale par la colonie de Saint Domingue : il les a trouv&#233;s en r&#232;gle. Je vous propose de les admettre dans le sein de la Convention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camboulos : Depuis 1789 un grand proc&#232;s demeurait en suspens ; l'aristocratie nobiliaire et l'aristocratie sacerdotale &#233;taient an&#233;anties mais &lt;strong&gt;l'aristocratie cutan&#233;e&lt;/strong&gt; dominait encore, celle-ci vient de pousser le dernier soupir : l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e ; un noir, un jaune, un blanc vont si&#233;ger parmi vous au nom des citoyens libres de St Domingue (on applaudit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton : Oui l'&#233;galit&#233; est consacr&#233;e, mais il faut que l'arbitraire cesse ; et je demande que le Comit&#233; des colonies vous fasse un rapport sur les pers&#233;cutions qu'on a fait &#233;prouver aux noirs en France avant 1789 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Opportuniste, la R&#233;publique ne manqua toutefois pas de dire qu'elle lib&#233;rait ses enfants&#8230; si longtemps tenus en esclavage par les rois ! Et lorsque, le 4 f&#233;vrier 1794, une d&#233;l&#233;gation de trois d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue &#8211; un noir, un blanc, un mul&#226;tre &#8211; se pr&#233;senta devant la Convention pour obtenir confirmation de la mesure, c'est le c&#339;ur soulev&#233; d'&#233;motion que le public mass&#233; dans les tribunes assista &#224; &#171; l'accolade fraternelle &#187; donn&#233;e par le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Livre 1</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article25</link>
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		<dc:date>2026-09-17T09:34:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lilia-Luna Arrhioui</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;LE TEXTE &lt;br class='autobr' /&gt;
Fables &lt;br class='autobr' /&gt; La cigale et la fourmi &lt;br class='autobr' /&gt;
La cigale ayant chant&#233; Tout l'&#233;t&#233;, Se trouva fort d&#233;pourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui pr&#234;ter Quelque grain pour subsister Jusqu'&#224; la saison nouvelle. Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l'ao&#251;t, foi d'animal, Int&#233;r&#234;t et principal. La Fourmi n'est pas pr&#234;teuse, C'est l&#224; son moindre d&#233;faut. Que faisiez-vous au temps chaud ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Le blog de Lilia-Luna&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE TEXTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc904_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La cigale et la fourmi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cigale ayant chant&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout l'&#233;t&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Se trouva fort d&#233;pourvue&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand la bise fut venue.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pas un seul petit morceau&lt;br class='manualbr' /&gt;De mouche ou de vermisseau.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle alla crier famine&lt;br class='manualbr' /&gt;Chez la Fourmi sa voisine,&lt;br class='manualbr' /&gt;La priant de lui pr&#234;ter&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelque grain pour subsister&lt;br class='manualbr' /&gt;Jusqu'&#224; la saison nouvelle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je vous paierai, lui dit-elle,&lt;br class='manualbr' /&gt;Avant l'ao&#251;t, foi d'animal,&lt;br class='manualbr' /&gt;Int&#233;r&#234;t et principal.&lt;br class='manualbr' /&gt;La Fourmi n'est pas pr&#234;teuse,&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est l&#224; son moindre d&#233;faut.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que faisiez-vous au temps chaud ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Dit-elle &#224; cette emprunteuse.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nuit et jour &#224; tout venant,&lt;br class='manualbr' /&gt;Je chantais, ne vous d&#233;plaise.&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous chantiez ? j'en suis fort aise,&lt;br class='manualbr' /&gt;Eh bien ! dansez maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corbeau et le renard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre Corbeau sur un arbre perch&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Tenait en son bec un fromage.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ma&#238;tre Renard par l'odeur all&#233;ch&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Lui tint &#224; peu pr&#232;s ce langage :&lt;br class='manualbr' /&gt;Et bonjour, Monsieur du Corbeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vous &#234;tes joli ! que vous me semblez beau !&lt;br class='manualbr' /&gt;Sans mentir, si votre ramage&lt;br class='manualbr' /&gt;Se rapporte &#224; votre plumage,&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous &#234;tes le Phenix des h&#244;tes de ces bois.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie :&lt;br class='manualbr' /&gt;Et pour montrer sa belle voix,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,&lt;br class='manualbr' /&gt;Apprenez que tout flatteur&lt;br class='manualbr' /&gt;Vit aux d&#233;pens de celui qui l'&#233;coute.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette le&#231;on vaut bien un fromage sans doute.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Corbeau honteux et confus&lt;br class='manualbr' /&gt;Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc906_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ch&#234;ne et le roseau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ch&#234;ne un jour dit au Roseau :&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous avez bien sujet d'accuser la Nature.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le moindre vent qui d'aventure&lt;br class='manualbr' /&gt;Fait rider la face de l'eau&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous oblige &#224; baisser la t&#234;te :&lt;br class='manualbr' /&gt;Cependant que mon front au Caucase pareil,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non content d'arr&#234;ter les rayons du Soleil,&lt;br class='manualbr' /&gt;Brave l'effort de la temp&#234;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout vous est Aquilon ; tout me semble Z&#233;phyr.&lt;br class='manualbr' /&gt;Encor si vous naissiez &#224; l'abri du feuillage&lt;br class='manualbr' /&gt;Dont je couvre le voisinage ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous n'auriez pas tant &#224; souffrir ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Je vous d&#233;fendrais de l'orage :&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais vous naissez le plus souvent&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur les humides bords des Royaumes du vent.&lt;br class='manualbr' /&gt;La Nature envers vous me semble bien injuste.&lt;br class='manualbr' /&gt;Votre compassion, lui r&#233;pondit l'Arbuste,&lt;br class='manualbr' /&gt;Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les vents me sont moins qu'&#224; vous redoutables.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici&lt;br class='manualbr' /&gt;Contre leurs coups &#233;pouvantables&lt;br class='manualbr' /&gt;R&#233;sist&#233; sans courber le dos :&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,&lt;br class='manualbr' /&gt;Du bout de l'horizon accourt avec furie&lt;br class='manualbr' /&gt;Le plus terrible des enfants&lt;br class='manualbr' /&gt;Que le Nord e&#251;t port&#233; jusque-l&#224; dans ses flancs.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'Arbre tient bon, le Roseau plie ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le vent redouble ses efforts,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et fait si bien qu'il d&#233;racine&lt;br class='manualbr' /&gt;Celui de qui la t&#234;te au Ciel &#233;tait voisine,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et dont les pieds touchaient &#224; l'Empire des Morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc908_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le loup et l'agneau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison du plus fort est toujours la meilleure.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous l'allons montrer tout &#224; l'heure.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un Agneau se d&#233;salt&#233;rait&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans le courant d'une onde pure.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un Loup survient &#224; jeun qui cherchait aventure,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et que la faim en ces lieux attirait.&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Dit cet animal plein de rage :&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu seras ch&#226;ti&#233; de ta t&#233;m&#233;rit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sire, r&#233;pond l'Agneau, que votre Majest&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ne se mette pas en col&#232;re ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais plut&#244;t qu'elle consid&#232;re&lt;br class='manualbr' /&gt;Que je me vas d&#233;salt&#233;rant&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans le courant,&lt;br class='manualbr' /&gt;Plus de vingt pas au-dessous d'elle ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et que par cons&#233;quent en aucune fa&#231;on&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne puis troubler sa boisson.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu la troubles, reprit cette b&#234;te cruelle,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et je sais que de moi tu m&#233;dis l'an pass&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comment l'aurais-je fait si je n'&#233;tais pas n&#233; ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Reprit l'Agneau, je t&#232;te encor ma m&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Si ce n'est toi, c'est donc ton fr&#232;re :&lt;br class='manualbr' /&gt;Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens :&lt;br class='manualbr' /&gt;Car vous ne m'&#233;pargnez gu&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous, vos bergers, et vos chiens.&lt;br class='manualbr' /&gt;On me l'a dit : il faut que je me venge.&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224;-dessus au fond des for&#234;ts&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Loup l'emporte, et puis le mange,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sans autre forme de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc910_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Livre 2&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc912_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lion et le moucheron&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t'en ch&#233;tif insecte, excr&#233;ment de la terre.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est en ces mots que le Lion&lt;br class='manualbr' /&gt;Parlait un jour au Moucheron.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'autre lui d&#233;clara la guerre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi&lt;br class='manualbr' /&gt;Me fasse peur, ni me soucie ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Un boeuf est plus puissant que toi ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Je le m&#232;ne &#224; ma fantaisie.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; peine il achevait ces mots,&lt;br class='manualbr' /&gt;Que lui-m&#234;me il sonna la charge,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fut le Trompette et le H&#233;ros.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans l'abord il se met au large ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis prend son temps, fond sur le cou&lt;br class='manualbr' /&gt;Du Lion qu'il rend presque fou.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le quadrup&#232;de &#233;cume, et son &#339;il &#233;tincelle ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il rugit, on se cache, on tremble &#224; l'environ :&lt;br class='manualbr' /&gt;Et cette alarme universelle&lt;br class='manualbr' /&gt;Est l'ouvrage d'un Moucheron.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un avorton de Mouche en cent lieux le harc&#232;le,&lt;br class='manualbr' /&gt;Tant&#244;t pique l'&#233;chine, et tant&#244;t le museau,&lt;br class='manualbr' /&gt;Tant&#244;t entre au fond du naseau.&lt;br class='manualbr' /&gt;La rage alors se trouve &#224; son fa&#238;te mont&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'invisible ennemi triomphe, et rit de voir&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'il n'est griffe ni dent en la b&#234;te irrit&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le malheureux Lion se d&#233;chire lui-m&#234;me,&lt;br class='manualbr' /&gt;Fait r&#233;sonner sa queue &#224; l'entour de ses flancs,&lt;br class='manualbr' /&gt;Bat l'air qui n'en peut mais ; et sa fureur extr&#234;me&lt;br class='manualbr' /&gt;Le fatigue, l'abat : le voil&#224; sur les dents.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'insecte du combat se retire avec gloire :&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme il sonna la charge, il sonne la victoire ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Va partout l'annoncer ; et rencontre en chemin&lt;br class='manualbr' /&gt;L'embuscade d'une araign&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il y rencontre aussi sa fin.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelle chose par l&#224; nous peut &#234;tre enseign&#233;e ?&lt;br class='manualbr' /&gt;J'en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Les plus &#224; craindre sont souvent les plus petits ;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'autre, qu'aux grands p&#233;rils tel a pu se soustraire,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui p&#233;rit pour la moindre affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc914_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oiseau bless&#233; d'une fl&#232;che&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortellement atteint d'une fl&#232;che empenn&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;Un Oiseau d&#233;plorait sa triste destin&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et disait en souffrant un surcro&#238;t de douleur,&lt;br class='manualbr' /&gt;Faut-il contribuer &#224; son propre malheur ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Cruels humains, vous tirez de nos ailes&lt;br class='manualbr' /&gt;De quoi faire voler ces machines mortelles ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais ne vous moquez point, engeance sans piti&#233; :&lt;br class='manualbr' /&gt;Souvent il vous arrive un sort comme le n&#244;tre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Des enfants de Japet toujours une moiti&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Fournira des armes &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc916_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lion et le rat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut autant qu'on peut obliger tout le monde.&lt;br class='manualbr' /&gt;On a souvent besoin d'un plus petit que soi.&lt;br class='manualbr' /&gt;De cette v&#233;rit&#233; deux Fables feront foi,&lt;br class='manualbr' /&gt;Tant la chose en preuves abonde.&lt;br class='manualbr' /&gt;Entre les pattes d'un Lion,&lt;br class='manualbr' /&gt;Un Rat sortit de terre assez &#224; l'&#233;tourdie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Roi des animaux en cette occasion&lt;br class='manualbr' /&gt;Montra ce qu'il &#233;tait, et lui donna la vie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce bienfait ne fut pas perdu.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelqu'un aurait-il jamais cru&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'un Lion d'un Rat e&#251;t affaire ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Cependant il advint qu'au sortir des for&#234;ts,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce Lion fut pris dans des rets,&lt;br class='manualbr' /&gt;Dont ses rugissemens ne le purent d&#233;faire.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sire Rat accourut ; et fit tant par ses dents,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'une maille rong&#233;e emporta tout l'ouvrage.&lt;br class='manualbr' /&gt;Patience et longueur de temps&lt;br class='manualbr' /&gt;Font plus que force ni que rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc918_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La colombe et la fourmi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre exemple est tir&#233; d'animaux plus petits.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le long d'un clair ruisseau buvait une Colombe :&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand sur l'eau se penchant une Fourmi y tombe.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et dans cet Oc&#233;an l'on e&#251;t vu la Fourmi&lt;br class='manualbr' /&gt;S'efforcer, mais en vain, de regagner la rive.&lt;br class='manualbr' /&gt;La Colombe aussit&#244;t usa de charit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un brin d'herbe dans l'eau par elle &#233;tant jet&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce fut un promontoire o&#249; la Fourmi arrive.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle se sauve ; et l&#224;-dessus&lt;br class='manualbr' /&gt;Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce Croquant par hasard avait une arbal&#232;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#232;s qu'il voit l'Oiseau de V&#233;nus&lt;br class='manualbr' /&gt;Il le croit en son pot, et d&#233;j&#224; lui fait f&#234;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tandis qu'&#224; le tuer mon Villageois s'appr&#234;te,&lt;br class='manualbr' /&gt;La Fourmi le pique au talon.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Vilain retourne la t&#234;te.&lt;br class='manualbr' /&gt;La Colombe l'entend, part, et tire de long.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le souper du Croquant avec elle s'envole :&lt;br class='manualbr' /&gt;Point de Pigeon pour une obole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc920_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Livre 3&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc922_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les membres et l'estomac&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je devais par la royaut&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;Avoir commenc&#233; mon ouvrage.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; la voir d'un certain c&#244;t&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Messer Gaster en est l'image ;&lt;br class='manualbr' /&gt;S'il a quelque besoin, tout le corps s'en ressent,&lt;br class='manualbr' /&gt;De travailler pour lui les membres se lassant.&lt;br class='manualbr' /&gt;Chacun d'eux r&#233;solut de vivre en gentilhomme,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sans rien faire, all&#233;guant l'exemple de Gaster.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Il faudrait, disaient-ils, sans nous qu'il v&#233;c&#251;t d'air.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous suons, nous peinons, comme b&#234;tes de somme ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et pour qui ? pour lui seul ; nous n'en profitons pas,&lt;br class='manualbr' /&gt;Notre soin n'aboutit qu'&#224; fournir ses repas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ch&#244;mons, c'est un m&#233;tier qu'il veut nous faire&lt;br class='manualbr' /&gt;apprendre. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi dit, ainsi fait. Les mains cessent de prendre,&lt;br class='manualbr' /&gt;Les bras d'agir, les jambes de marcher.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tous dirent &#224; Gaster qu'il en all&#226;t chercher.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bient&#244;t les pauvres gens tomb&#232;rent en langueur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc924_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le renard et le bouc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitaine Renard allait de compagnie&lt;br class='manualbr' /&gt;Avec son ami Bouc des plus hauts encorn&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez ;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'autre &#233;tait pass&#233; ma&#238;tre en fait de tromperie.&lt;br class='manualbr' /&gt;La soif les obligea de descendre en un puits.&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; chacun d'eux se d&#233;salt&#232;re.&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s qu'abondamment tous deux en eurent pris,&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Renard dit au Bouc : &#171; Que ferons-nous, comp&#232;re ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce n'est pas tout de boire, il faut sortir d'ici.&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#232;ve tes pieds en haut, et tes cornes aussi ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mets-les contre le mur. Le long de ton &#233;chine&lt;br class='manualbr' /&gt;Je grimperai premi&#232;rement ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Puis sur tes cornes m'&#233;levant,&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; l'aide de cette machine,&lt;br class='manualbr' /&gt;De ce lieu-ci je sortirai,&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s quoi je t'en tirerai.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Par ma barbe, dit l'autre, il est bon ; et je loue&lt;br class='manualbr' /&gt;Les gens bien sens&#233;s comme toi.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je n'aurais jamais, quant &#224; moi,&lt;br class='manualbr' /&gt;Trouv&#233; ce secret, je l'avoue. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le Renard sort du puits, laisse son compagnon,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et vous lui fait un beau sermon&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour l'exhorter &#224; patience.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Si le ciel t'e&#251;t, dit-il, donn&#233; par excellence&lt;br class='manualbr' /&gt;Autant de jugement que de barbe au menton,&lt;br class='manualbr' /&gt;Tu n'aurais pas, &#224; la l&#233;g&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Descendu dans ce puits. Or, adieu, j'en suis hors.&lt;br class='manualbr' /&gt;T&#226;che de t'en tirer, et fais tous tes efforts :&lt;br class='manualbr' /&gt;Car pour moi, j'ai certaine affaire&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui ne me permet pas d'arr&#234;ter en chemin. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;En toute chose il faut consid&#233;rer la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc926_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La femme noy&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas de ceux qui disent : &#171; Ce n'est rien :&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est une femme qui se noie. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Je dis que c'est beaucoup ; et ce sexe vaut bien&lt;br class='manualbr' /&gt;Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce que j'avance ici n'est point hors de propos,&lt;br class='manualbr' /&gt;Puisqu'il s'agit en cette fable,&lt;br class='manualbr' /&gt;D'une femme qui dans les flots&lt;br class='manualbr' /&gt;Avait fini ses jours par un sort d&#233;plorable.&lt;br class='manualbr' /&gt;Son &#233;poux en cherchait le corps,&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour lui rendre, en cette aventure,&lt;br class='manualbr' /&gt;Les honneurs de la s&#233;pulture.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il arriva que sur les bords&lt;br class='manualbr' /&gt;Du fleuve auteur de sa disgr&#226;ce,&lt;br class='manualbr' /&gt;Des gens se promenaient ignorant l'accident.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce mari donc leur demandant&lt;br class='manualbr' /&gt;S'ils n'avaient de sa femme aper&#231;u nulle trace :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Nulle, reprit l'un d'eux ; mais cherchez-la plus bas ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Suivez le fil de la rivi&#232;re. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Un autre repartit : &#171; Non, ne le suivez pas ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Rebroussez plut&#244;t en arri&#232;re :&lt;br class='manualbr' /&gt;Quelle que soit la pente et l'inclination&lt;br class='manualbr' /&gt;Dont l'eau par sa course l'emporte,&lt;br class='manualbr' /&gt;L'esprit de contradiction&lt;br class='manualbr' /&gt;L'aura fait flotter d'autre sorte. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Cet homme se raillait assez hors de saison.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quant &#224; l'humeur contredisante,&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne sais s'il avait raison ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais que cette humeur soit ou non&lt;br class='manualbr' /&gt;Le d&#233;faut du sexe et sa pente,&lt;br class='manualbr' /&gt;Quiconque avec elle na&#238;tra&lt;br class='manualbr' /&gt;Sans faute avec elle mourra,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et jusqu'au bout contredira,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et, s'il peut, encor par-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a id=&#034;__RefHeading___Toc928_3274197499&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ivrogne et sa femme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun a son d&#233;faut o&#249; toujours il revient :&lt;br class='manualbr' /&gt;Honte ni peur n'y rem&#233;die.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur ce propos, d'un conte il me souvient :&lt;br class='manualbr' /&gt;Je ne dis rien que je n'appuie&lt;br class='manualbr' /&gt;De quelque exemple. Un supp&#244;t de Bacchus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom latin de Dionysos&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Alt&#233;rait sa sant&#233;, son esprit et sa bourse.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sac pour y stocker l'argent&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Telles gens n'ont pas fait la moiti&#233; de leur course&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'ils sont au bout de leurs &#233;cus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un jour que celui-ci, plein du jus de la treille,&lt;br class='manualbr' /&gt;Avait laiss&#233; ses sens au fond d'une bouteille,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224;, les vapeurs du vin nouveau&lt;br class='manualbr' /&gt;Cuv&#232;rent &#224; loisir. &#192; son r&#233;veil il trouve&lt;br class='manualbr' /&gt;L'attirail de la mort &#224; l'entour de son corps :&lt;br class='manualbr' /&gt;Un luminaire, un drap des morts.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Oh ! dit-il, qu'est ceci ? Ma femme est-elle veuve ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224;-dessus, son &#233;pouse, en habit d'Alecton,&lt;br class='manualbr' /&gt;Masqu&#233;e, et de sa voix contrefaisant le ton,&lt;br class='manualbr' /&gt;Vient au pr&#233;tendu mort, approche de sa bi&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;Lui pr&#233;sente un chaudeau propre pour Lucifer.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#233;poux alors ne doute en aucune mani&#232;re&lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'il ne soit citoyen d'enfer.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Quelle personne es-tu ? dit-il &#224; ce fant&#244;me.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; La celleri&#232;re du royaume&lt;br class='manualbr' /&gt;De Satan, reprit-elle ; et je porte &#224; manger&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; ceux qu'encl&#244;t la tombe noire. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le mari repart, sans songer :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Tu ne leur portes point &#224; boire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ANALYSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Structure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier recueil de Fables (intitul&#233;, comme les suivants, Fables choisies, mises en vers par M. de la Fontaine) correspond aux livres I &#224; VI des &#233;ditions actuelles. Il a &#233;t&#233; publi&#233; en 1668 et &#233;tait d&#233;di&#233; au Dauphin. La Fontaine insiste sur la fonction &#233;ducative de son travail : &#171; je me sers d'animaux pour instruire les hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fac-simil&#233; du manuscrit du Statuaire et la statue de Jupiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me recueil correspond aux livres VII &#224; XI des &#233;ditions modernes. Il est publi&#233; en 1678 et 1679, en deux volumes, et &#233;tait d&#233;di&#233; &#224; Madame de Montespan, la ma&#238;tresse du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier recueil correspond au livre XII actuel. Il est publi&#233; en 1694, quelques mois avant la mort de l'auteur. Il est d&#233;di&#233; au duc de Bourgogne, le petit-fils du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fables de La Fontaine continuent une tradition m&#233;di&#233;vale fran&#231;aise, d'historiettes comiques et de satire des m&#339;urs sociales. Les acteurs de ces &#339;uvres sont des personnifications d'animaux, comme le Roman de Renart o&#249; on trouve l'anecdote du &#171; Corbeau et du renard &#187; avec des morales mises en adages, ou comme Marie de France chez laquelle on trouve la premi&#232;re version du &#171; Loup et de l'agneau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fontaine a aussi fait un travail de traduction et d'adaptation de textes antiques, comme les Fables d'&#201;sope (par exemple &#171; La Cigale et la Fourmi &#187;), de Ph&#232;dre, d'Abst&#233;mius, mais aussi de textes d'Horace, de Tite-Live (&#171; les Membres et l'estomac &#187;), de lettres apocryphes d'Hippocrate (&#171; D&#233;mocrite et les Abd&#233;ritains &#187;), et de bien d'autres encore, elles constituent une somme de la culture classique latine et grecque, et s'ouvrent m&#234;me dans le second recueil &#224; la tradition indienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fables sont illustr&#233;es d&#232;s la premi&#232;re &#233;dition par Chauveau et ses disciples : en effet, la fable est un genre proche de l'embl&#232;me, et &#224; ce titre fonctionne comme une image morale ; elle accueille donc volontiers son redoublement iconographique &#224; des fins didactiques. Au xviiie si&#232;cle, Oudry propose de nouvelles illustrations&lt;a id=&#034;cite_ref-6&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
6, plus naturalistes, suivie par une &#233;dition coordonn&#233;e par &#201;tienne Fessard, &#224; grand succ&#232;s. Grandville en 1838, puis Gustave Dor&#233; en 1867 proposent successivement une nouvelle iconographie. Au xxe si&#232;cle, Benjamin Rabier suivi de Chagall proposent, &#224; leur tour, leur vision des Fables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA DISCUSSION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'en vais vous parler aujourd'hui d'un livre qui ne s'adresse pas qu'aux enfants, et pour cause, j'ai nomm&#233; : les Fables de la FONTAINE. La fable est souvent associ&#233;e au monde de l'enfant. Qui n'a jamais appris, alors qu'il &#233;tait tout petit, le Corbeau et le Renard, le Ch&#234;ne et le Roseau ou encore le Li&#232;vre et la Tortue ! Bien sur, ces fables contiennent une morale facile &#224; comprendre pour des enfants ! De plus, ce sont des animaux le plus souvent qui campent les personnages principaux, mais la plupart du temps, le fond et la forme ne sont pas bien comprises. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 240 fables &#233;crites par la FONTAINE se regroupent dans 3 recueils &#233;crits respectivement en 1668, 1678 et 1694. Il renouvella ce genre litt&#233;raire &#224; l'&#233;poque en perdition. Il ne fait pas, &#224; travers ses fables, qu'un r&#233;cit invent&#233;, il s'appuie avant tout au contexte politique et social dans lequel il vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses fables critiquent, d&#233;noncent, mettent en garde, et se veulent avant tout moralisatrices. Ses personnages d'animaux sont les personnages c&#233;l&#232;bres du XVII qu'il d&#233;nonce sans les pointer du doigt, mais on comprend parfaitement o&#249; il veut en venir. Un exemple : le Lion est associ&#233; au Roi. La FONTAINE aime &#224; critiquer le Roi et sa Cour, l'Eglise et les grands Seigneurs, il d&#233;nonce leurs abus et leur irrespect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fables, ce sont aussi des tonalit&#233;s diff&#233;rentes o&#249; le comique est pr&#233;sent dans les 2/3 des po&#232;mes. Mais il emploie &#233;galement les tonalit&#233;s dramatiques et tragiques. Ces 3 tonalit&#233;s majeures sont exprim&#233;es gr&#226;ce &#224; cinq styles diff&#233;rents : le burlesque, le h&#233;ro&#239;-comique, le style simple et r&#233;aliste, le style &#233;pique et le style lyrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son recueil, la FONTAINE pr&#234;che l'amiti&#233;, le bonheur. Il met en &#233;vidence les vices des humains en les transposant sur les animaux. Pour lui, l'homme est cruel, vaniteux, fou, brutal et c'est un voleur ! Il aimerait plus de douceur envers la nature et les animaux. Le pauvre, s'il voyait ce qui se passe en ce moment !! Il fait &#233;galement r&#233;f&#233;rence &#224; la bible dans son ouvrage et &#224; la mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, vous aurez compris que le sens donn&#233; aux fables n'est pas &#224; la port&#233;e de tous les enfants. C'est vrai qu'elles sont jolies &#224; apprendre et qu'elles apportent une bonne morale mais le fond de la pens&#233;e du fabuliste est tout autre que le r&#233;cit de gentils petits animaux. Le sens est plus profond et mieux compris avec l'&#233;tude de son si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re vous avoir donn&#233; l'envie de relire ces fables sous un autre aspect, non plus avec vos yeux d'enfants, mais avec votre regard d'adulte sur ce temps r&#233;volu mais plein d'enseignements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nom latin de Dionysos&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sac pour y stocker l'argent&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Images de la s&#233;ance dos</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giovanna BERNARDI BRASIL</dc:creator>







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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;S&#233;ance Dos/Biceps&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/muscles-tirage-horizontal_001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/muscles-tirage-horizontal_001-08900.jpg?1789723152' width='500' height='281' alt='Quelqu'un qui r&#233;alise le tirage horizontal &#224; la machine o&#249; on peut voir que &#231;a travaille bien la lat&#233;rale des dorsaux.' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20 '&gt;&lt;strong&gt;Tirage Horizontal
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-20 '&gt;G-B-B
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/muscles-tirage-vertical_001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/muscles-tirage-vertical_001-6582a.jpg?1789723152' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/rowing-haltere-une-main-superprof-1946x1067.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH274/rowing-haltere-une-main-superprof-1946x1067-51c0a.jpg?1789723152' width='500' height='274' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des images et des liens en cours d'informatique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Correia</dc:creator>







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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Informatique Esit&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH300/image_ara_rouge-7b66f.jpg?1789723152' width='500' height='300' alt='Phot d'un Ara Rouge du Br&#233;sil' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4 '&gt;&lt;strong&gt;ARA ROUGE
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-4 '&gt;J-Y Cousteau
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/petit_koala.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH333/petit_koala-ac4e4.jpg?1789723152' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Singing in the Rain au Lido !</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article17</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article17</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:52:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meg Cole</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;La rentr&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/webp/2048.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/webp/2048.webp?1789634852' width='500' height='750' alt='Affiche de Singing in The Rain, au Th&#233;&#226;tre du Lido d&#232;s le 17 septembre 2026.' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-5 '&gt;&lt;strong&gt;Affiche de Singing in The Rain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-5 '&gt;Lido
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/png/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466-204f9.jpg?1789723153' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/png/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466-204f9.jpg?1789723153' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/png/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466-204f9.jpg?1789723153' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/png/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/capture-decran-2026-06-29-a-20.48.11-829x466-204f9.jpg?1789723153' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>


<item xml:lang="fr">
		<title>Se situer dans les locaux de Sorbonne-Nouvelle</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article15</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article15</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:52:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Queulin</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La rentr&#233;e &#224; l'Esit&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_10 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH334/sorbonne_nouvelle-27106.jpg?1789723153' width='500' height='334' alt='Entr&#233;e de l'Universit&#233; de Sorbonne-Nouvelle, 2022' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-10 '&gt;&lt;strong&gt;Sorbonne-Nouvelle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-10 '&gt;Emilie Salabelle
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/07-bis-sorbonne-nouvelle_nicolasborel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH281/07-bis-sorbonne-nouvelle_nicolasborel-d064e.jpg?1789723153' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH282/istockphoto-1184422910-612x612-8a68c.jpg?1789723153' width='500' height='282' alt='image d'une pile de journaux' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-8 '&gt;&lt;strong&gt;Pile de journaux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-8 '&gt;image libre de droits
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des images et des liens des sports d'hiver et du changement climatique et...une abeille</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article16</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article16</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:52:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathilde Jeanpierre</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Le ski de randonn&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_7 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;126&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH280/sports_d_hiver_et_chang_clim-ea88d.jpg?1789723153' width='500' height='280' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-7 '&gt;&lt;strong&gt;Sports d'hiver et changement climatique en images
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-7 '&gt;Photo de l'impact du changement climatique sur les sports d'hiver
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-7 '&gt;Euronews
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_17 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH262/abeilles_img-74285.jpg?1789723153' width='500' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des images et des liens et pas le livre des souris et des hommes de John Stenbeick</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article14</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article14</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:51:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lilia-Luna Arrhioui</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Le blog de Lilia-Luna&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/teen-apocalypse-trilogy-md-web.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH726/teen-apocalypse-trilogy-md-web-e5c4e.jpg?1789723153' width='500' height='726' alt='Affiche du re-release de la Trilogie de l'Apocalypse Adolescente' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-12 '&gt;&lt;strong&gt;Affiche Teen Apocalypse Trilogy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-12 '&gt;Strand Releasing
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH262/abeilles_img-74285.jpg?1789723153' width='500' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Images et liens en journalisme</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article13</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article13</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:51:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romane Badin</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Rubrique de Romane&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH282/istockphoto-1184422910-612x612-8a68c.jpg?1789723153' width='500' height='282' alt='image d'une pile de journaux' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-8 '&gt;&lt;strong&gt;Pile de journaux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-8 '&gt;image libre de droits
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/pexels-thefullonmonet-17609924.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH500/pexels-thefullonmonet-17609924-0ae5e.jpg?1789723153' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des images et des liens en Tarentaise... ou pas</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article11</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article11</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:51:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Cardot</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_9 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/IMG/jpg/rascasse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH375/rascasse-142f9.jpg?1789723153' width='500' height='375' alt='Photo de rascasse pr&#232;s de S&#232;te, avril 1992' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-9 '&gt;&lt;strong&gt;Rascasse en M&#233;diterran&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-9 '&gt;J-Y Cousteau
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L500xH300/image_ara_rouge-7b66f.jpg?1789723152' width='500' height='300' alt='Phot d'un Ara Rouge du Br&#233;sil' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4 '&gt;&lt;strong&gt;ARA ROUGE
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-4 '&gt;J-Y Cousteau
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Tate Modern</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article12</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article12</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:51:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeanne MAYOUSSIER</dc:creator>







		<description>

-
&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Londres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L330xH247/tatemodern-faa81.jpg?1789635111' width='330' height='247' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_15 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L225xH150/logo-biche-2-d6f3d.png?1789635748' width='225' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/local/cache-vignettes/L250xH99/tate_museum_logo.svg-4860d.webp?1789635111' width='250' height='99' alt='Logo du mus&#233;e' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-16 '&gt;&lt;strong&gt;Logo Tate Museum
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-16 '&gt;Wikip&#233;dia
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cin&#233;ma r&#233;volutionnaire de Gregg Araki</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article10</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article10</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:11:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lilia-Luna Arrhioui</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Insert phrase d'accroche sur Gregg Araki &lt;br class='autobr' /&gt; Red&#233;couvert par le grand public avec son nouveau film en juillet 2026, Gregg Araki fut pendant des d&#233;cennies le n&#233;gatif de la grande sc&#232;ne hollywoodienne. Avec lui, pas de paillettes, pas de grands acteurs et pas de blockbusters. Le cin&#233;ma de Gregg Araki s'inspire et se pr&#233;lasse dans les tr&#233;fonds de la jeunesse punk du Los Angeles des ann&#233;es 90. V&#233;ritables miroirs de la r&#233;alit&#233; de la communaut&#233; queer durant la crise du sida, ses oeuvres mettent sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Le blog de Lilia-Luna&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Insert phrase d'accroche sur Gregg Araki&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Red&#233;couvert par le grand public avec son nouveau film en juillet 2026, Gregg Araki fut pendant des d&#233;cennies le n&#233;gatif de la grande sc&#232;ne hollywoodienne. Avec lui, pas de paillettes, pas de grands acteurs et pas de blockbusters. Le cin&#233;ma de Gregg Araki s'inspire et se pr&#233;lasse dans les tr&#233;fonds de la jeunesse punk du Los Angeles des ann&#233;es 90. V&#233;ritables miroirs de la r&#233;alit&#233; de la communaut&#233; queer durant la crise du sida, ses oeuvres mettent sur le devant de la sc&#232;ne les marginaux et mis-de-c&#244;t&#233;. Entre drogues, road trips, bad trips et r&#234;ves &#233;cras&#233;s par la dure r&#233;alit&#233; de la banlieue de Los Angeles, Gregg Araki fait le portrait d'un Los Angeles qui se ressent encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Red&#233;couvert par le grand public avec son nouveau film en juillet 2026, Gregg Araki fut pendant des d&#233;cennies le n&#233;gatif de la grande sc&#232;ne hollywoodienne. Avec lui, pas de paillettes, pas de grands acteurs et pas de blockbusters. Le cin&#233;ma de Gregg Araki s'inspire et se pr&#233;lasse dans les tr&#233;fonds de la jeunesse punk du Los Angeles des ann&#233;es 90. V&#233;ritables miroirs de la r&#233;alit&#233; de la communaut&#233; queer durant la crise du sida, ses oeuvres mettent sur le devant de la sc&#232;ne les marginaux et mis-de-c&#244;t&#233;. Entre drogues, road trips, bad trips et r&#234;ves &#233;cras&#233;s par la dure r&#233;alit&#233; de la banlieue de Los Angeles, Gregg Araki fait le portrait d'un Los Angeles qui se ressent encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les sports d'hiver</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article9</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article9</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathilde Jeanpierre</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;V&#233;ritables chouchous des vacanciers, les sports d'hiver sont le fruit d'une longue histoire. Pourtant face au changement climatique, ils font face &#224; des d&#233;fis toujours plus importants. &lt;br class='autobr' /&gt; Un sport d'hiver est une discipline sportive qui se pratique sp&#233;cifiquement sur de la neige ou de la glace. Des conditions m&#233;t&#233;orologiques et un environnement appropri&#233;s lui sont indispensables. L'on peut citer par exemple le ski alpin, le snow board, le ski de randonn&#233;e ou encore le ski de fond. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Le ski de randonn&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ritables chouchous des vacanciers, les sports d'hiver sont le fruit d'une longue histoire. Pourtant face au changement climatique, ils font face &#224; des d&#233;fis toujours plus importants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un sport d'hiver est une discipline sportive qui se pratique sp&#233;cifiquement sur de la neige ou de la glace. Des conditions m&#233;t&#233;orologiques et un environnement appropri&#233;s lui sont indispensables. L'on peut citer par exemple le ski alpin, le snow board, le ski de randonn&#233;e ou encore le ski de fond. L'expression sports d'hiver est apparue &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. L'histoire des sports d'hiver commerciaux pourrait avoir commenc&#233; dans les ann&#233;es 1860 quand l'h&#244;telier Johannes Badrutt &#224; Saint-Moritz qui r&#233;ussit en 1885 &#224; faire revenir ses touristes anglais pendant la morte saison en leur proposant de faire de la luge, du patin &#224; glace ou du ski. Il propose &#224; des clients fid&#232;les l'&#233;t&#233; de revenir en hiver, leur promettant de rembourser leurs vacances s'ils ne passent pas un bon moment : les Britanniques sont ravis et la station commence &#224; &#234;tre reconnue pour ses activit&#233;s hivernales. Les stations de sports d'hiver naissent surtout par une discipline principale, le ski alpin. Or, avec le temps, cette activit&#233; unique est remise en question, notamment en raison de transformations organisationnelles puis &#233;cologiques[3]. En France, elles viennent essentiellement du plan neige, jusqu'au coup d'arr&#234;t en 1985 de la Loi montagne qui instaure une taxe sur les remont&#233;es m&#233;caniques et rend les secours payants pour le ski de fond et le ski alpin. Quelques stations sont tr&#232;s prosp&#232;res, mais d'autres, en parituclier les stations de moyenne montagne, en souffrent et doivent s'ouvrir &#224; de nouvelles activit&#233;s touristiques et sportives, un effet aggrav&#233; par le changement climatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment rentrer &#224; l'Esit ?</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article4</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article4</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Queulin</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;L'Esit, ou &#233;cole sup&#233;rieure d'interpr&#232;tes et de traducteurs, est une &#233;cole qui se situe dans les locaux de Sorbonne-Nouvelle. Elle promet aux &#233;tudiants une ma&#238;trise des langues &#233;trang&#232;res, qu'ils pourront appliquer dans les diff&#233;rents domaines professionnels. Quelles sont les modalit&#233;s d'entr&#233;e dans cette &#233;cole ? &lt;br class='autobr' /&gt; C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;La rentr&#233;e &#224; l'Esit&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Esit, ou &#233;cole sup&#233;rieure d'interpr&#232;tes et de traducteurs, est une &#233;cole qui se situe dans les locaux de Sorbonne-Nouvelle. Elle promet aux &#233;tudiants une ma&#238;trise des langues &#233;trang&#232;res, qu'ils pourront appliquer dans les diff&#233;rents domaines professionnels. Quelles sont les modalit&#233;s d'entr&#233;e dans cette &#233;cole ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible. C'est une entr&#233;e sur concours. Il faut se pr&#233;parer du mieux possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Tarentaise</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article2</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Cardot</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Oui, je sais... La Tarentaise n'esst pas une montagne, c'est une vall&#233;e. Mais, comme c'est une vall&#233;e, elle est entour&#233;e de montagnes ! &lt;br class='autobr' /&gt; La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Les montagnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Oui, je sais... La Tarentaise n'esst pas une montagne, c'est une vall&#233;e. Mais, comme c'est une vall&#233;e, elle est entour&#233;e de montagnes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie. La Tarentaise est la haute vall&#233;e de l'Is&#232;re, situ&#233;e entre les massifs de la Vanoise et du Beaufortain. En la remontant, on atteint le col du Petit Saint Bernard, qui donne acc&#232;s &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cours informatique Esit</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article7</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article7</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Correia</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Voici le d&#233;roulement des cours d'informatique &#224; l'Esit : &lt;br class='autobr' /&gt; Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Informatique Esit&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici le d&#233;roulement des cours d'informatique &#224; l'Esit :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent. Pour ce cours d'informatique, il faut cr&#233;er un site web avec plusieurs &#233;tapes afin de r&#233;ussir le mieux possible l'exercice propos&#233; par l'enseignent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Tour de Londres</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article8</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article8</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeanne MAYOUSSIER</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;La tour de Londres est une forteresse historique situ&#233;e sur la rive nord de la Tamise &#224; Londres en Angleterre &#224; c&#244;t&#233; du Tower Bridge. &lt;br class='autobr' /&gt; La tour se trouve dans le borough londonien de Tower Hamlets situ&#233; &#224; l'est de la Cit&#233; de Londres dans un espace appel&#233; Tower Hill. Sa construction commen&#231;a vers la fin de l'ann&#233;e 1066 dans le cadre de la conqu&#234;te normande de l'Angleterre. La tour Blanche (White Tower), qui donna son nom &#224; l'ensemble du ch&#226;teau, fut construite sur l'ordre de Guillaume le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Londres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tour de Londres est une forteresse historique situ&#233;e sur la rive nord de la Tamise &#224; Londres en Angleterre &#224; c&#244;t&#233; du Tower Bridge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La tour se trouve dans le borough londonien de Tower Hamlets situ&#233; &#224; l'est de la Cit&#233; de Londres dans un espace appel&#233; Tower Hill. Sa construction commen&#231;a vers la fin de l'ann&#233;e 1066 dans le cadre de la conqu&#234;te normande de l'Angleterre. La tour Blanche (White Tower), qui donna son nom &#224; l'ensemble du ch&#226;teau, fut construite sur l'ordre de Guillaume le Conqu&#233;rant en 1078 et fut consid&#233;r&#233;e comme un symbole de l'oppression inflig&#233;e &#224; Londres par la classe dirigeante. Le ch&#226;teau fut utilis&#233; comme prison d&#232;s 1100. Il servait &#233;galement de grand palais et de r&#233;sidence royale. Dans son ensemble, la tour est un complexe compos&#233; de plusieurs b&#226;timents entour&#233;s de deux murailles d&#233;fensives concentriques et d'une douve. Il y eut plusieurs phases d'expansion, principalement lors des r&#232;gnes de Richard Ier, d'Henri III et d'&#201;douard Ier aux XIIe et XIIIe si&#232;cles. Le plan g&#233;n&#233;ral &#233;tabli &#224; la fin du XIIIe si&#232;cle n'&#233;volua pas malgr&#233; les activit&#233;s ult&#233;rieures dans ces murs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exercices Dos</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article1</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giovanna BERNARDI BRASIL</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut bien ma&#238;triser le mouvement de chaque exercice. Le but c'est de travailler les muscles du dos et pas forc&#233;ment les autres muscles du corps. &lt;br class='autobr' /&gt; Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;S&#233;ance Dos/Biceps&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut bien ma&#238;triser le mouvement de chaque exercice. Le but c'est de travailler les muscles du dos et pas forc&#233;ment les autres muscles du corps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /Tirage Horizontal/ Tirage Frontal/ Rowing/ Exo Poli isol&#233; /&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Festival de Cannes 2026 : voici les 14 films fran&#231;ais les plus attendus de cette 79e &#233;dition</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article6</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article6</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guanhua LUO</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Du 12 au 23 mai, le 79e Festival de Cannes brillera de mille feux. Les stars sont attendues sur le tapis rouge, et les films promettent un regard appuy&#233; sur l'Histoire ainsi qu'une r&#233;flexion sur un monde troubl&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Festival de Cannes 2026 : voici les 14 films fran&#231;ais les plus attendus de cette 79e &#233;dition &lt;br class='autobr' /&gt; De &#171; Garance &#187; &#224; &#171; L'inconnue &#187; en passant par &#171; L'abandon &#187;. Voici les films fran&#231;ais les plus prometteurs de ce Festival de Cannes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Top des meilleurs films fran&#231;ais de 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;FILMS 2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 12 au 23 mai, le 79e Festival de Cannes brillera de mille feux. Les stars sont attendues sur le tapis rouge, et les films promettent un regard appuy&#233; sur l'Histoire ainsi qu'une r&#233;flexion sur un monde troubl&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Festival de Cannes 2026 : voici les 14 films fran&#231;ais les plus attendus de cette 79e &#233;dition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De &#171; Garance &#187; &#224; &#171; L'inconnue &#187; en passant par &#171; L'abandon &#187;. Voici les films fran&#231;ais les plus prometteurs de ce Festival de Cannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Top des meilleurs films fran&#231;ais de 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les films marquants de 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bataille De Gaulle - Partie 1 : L'&#226;ge de fer : Un film historique et biographique r&#233;alis&#233; par Antonin Baudry. Les Rayons et les Ombres : Un drame biographique r&#233;alis&#233; par Xavier Giannoli. Juste une illusion : Une com&#233;die dramatique sign&#233;e Eric Toledano et Olivier Nakache. La Maison des femmes : Un drame de M&#233;lisa Godet avec Karin Viard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon article</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article3</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romane Badin</dc:creator>







		<description>
&lt;p&gt;Cet article sert d'entra&#238;nement &#224; la gestion d'un site web. &lt;br class='autobr' /&gt; On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller. On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Rubrique de Romane&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article sert d'entra&#238;nement &#224; la gestion d'un site web.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller. On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.On lira ici la ou les seules phrases que je suis en train d'&#233;crire. Il suffit de les copier et coller.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ESIT</title>
		<link>https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article5</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?article5</guid>
		<dc:date>2026-09-17T08:10:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Meg Cole</dc:creator>







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&lt;p&gt;La rentr&#233;e en M1 a eu lieu le lundi 14 septembre 2026. &lt;br class='autobr' /&gt; Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris. Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris. Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris. Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris. Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.paris3.cognix.org/Esit_groupe_2/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;La rentr&#233;e&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
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Ecole Sup&#233;rieure d'Interpr&#232;tes et de Traducteurs, &#224; la Sorbonne Nouvelle &#224; Nation, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
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